‹ La province sous l'ancien régimeChapitre 152 sur 205 · Bibl. nationale, fr · texte numérisé non relu

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soit pour réprimer des troubles et des mouvements populaires. S'il agissait parfois avec une rare modération, comme le maréchal de Schomberg, qui au milieu d'une émeute à Montpellier calme l'ardeur de ses gardes qui brûlent de venger la mort de l'un d'entre eux, il pouvait se montrer d'une implacable rigueur, comme le duc de Chaulnes, qui mit fin à la révolte dite du papier timbré en Bretagne. Les paysans soulevés furent traqués de toutes parts, et pendus après un jugement sommaire, à tel point que « les arbres, suivant un rapport officiel, commençaient à pencher du poids qu'on leur donnait' ». L'opinion publique se prononça contre un fonctionnaire qui endossait la responsabilité de pareilles violences; sa femme fut insultée à diverses reprises dans les rues de Rennes , et M'"' de Sévigné, que des liens d'amitié et de société unissaient au duc de Chaulnes, se fait Fécho des sentiments « d'horreur, de détestation et de haine, » qu'il inspirait à la population'-'. En 1752, le duc de Luxembourg, gouverneur de Normandie , se rendit dans sa province pour réprimer des émeutes que la cherté des blés avait suscitées ; mais il arriva , lorsqu'elles étaient réprimées, et n'eut à briller dans son gouvernement que par sa dépense •'.

Les gouverneurs ne prenaient aucune part au recrutement des milices royales; mais ils pouvaient

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