Man|uis d'Argenson, Mémoires, t. VII, p
faire ménager leur province dans la répartition de leurs contingents. La liste des officiers que formait Tinlendant leur était soumise; et lorsque des compagnies de cadets furent organisées, ils désignèrent parmi les candidats ceux qui leur paraissaient avoir le plus de titres ou de recommandations '. En leur qualité de chefs de la noblesse , ils étaient dans leur province à la- tête de la juridiction du point d'honneur, qui avait pour but « de terminer tous les différends qui pouvaient s'élever entre les sujets du roi ». Aussi avaient-ils le pouvoir de commettre, dans chaque bailliage ou sénéchaussée, des arbitres permanents, sous le nom de lieutenants des maréchaux, qui devaient « avoir avis de tous les différends, accorder ceux qui se produiraient, et renvoyer devant les maréchaux les gentilshommes qui ne se soumettraient pas à leurs jugements. » La juridiction de ces lieutenants, qui avait pour but de prévenir les duels, n'était pas une sinécure, surtout dans les régions où la noblesse était ardente et nombreuse. Elle appliquait des pénalités rigoureuses : un soufflet donné par un provocateur pouvait être puni de quinze ans de prison. Toutes les querelles qui menacent d'amener des violences ou des duels sont signalées au gouverneur. Villars, en cette qualité, est parfois d'avis de sévir, « les plus grandes sévérités, selon lui , étant marques d'amitié en pareilles occasions, » le plus souvent d'apaiser les différends par