Le Maréchal de Villars fjouverneiir de Provence, p. 20G
la conciliation ' . Les rigueurs qu'il approuve ont en général un caractère arbitraire, que les mœurs du temps expliquent sans les justifier. Il en est de même des bourgeois que Ton enferme dans une citadelle ou dans un couvent pour s'être pris de querelle avec des consuls, des officiers et des prêtres. Le gouverneur ne les condamne pas lui-même; mais il donne son avis sur les mesures que Ton prend à leur égard et dont la sévérité n'est pas toujours en proportion avec la faute.
Les arrestations et les emprisonnements arbitraires n'étaient que trop fréquents à une époque où l'on croyait qu'ils étaient nécessaires, non seulement pour réprimer certains excès, mais pour les prévenir et pour éviter le scandale. Comme les arrestations étaient souvent effectuées par la force armée et que les emprisonnements avaient lieu d'ordinaire dans les forteresses , les gouverneurs en étaient fréquemment informés-. Quelquefois, ils provoquaient les rigueurs du pouvoir, comme Belle-Isle qui en 1733 demande une lettre de cachet afin de faire enfermer le comte de Douglas, « qui ne fréquente que des catins et des coupe-jarrets », et qui pourrait être « timpanisé dans quelque mauvaise action ». Belle-Isle est dans ce cas l'interprète des désirs de la famille. Mais si les prisonniers étaient dignes d'intérêt, les gouverneurs faisaient valoir leur
1. Le duc de Graraont, en 1702, écrit à deux gonlilshommcs pour faire cesser leur mésintelligence cl charge l'intendant de s'efforcer de les réconcilier. (Bibl. nationale, fr., 8963.)