‹ La province sous l'ancien régimeChapitre 159 sur 205 · Roschach, t. XIV, p · texte numérisé non relu

Roschach, t. XIV, p

crufement maritime; ils s'occupent parfois de l'alignement (les rues ' , mais c'est par exception qu'ils font sentir leur autorité aux maires eux-mêmes. Le maire de Bordeaux, ayant eu le malheur de déplaire au duc de Richelieu, fut poursuivi par celui-ci avec tant d'acharnement qu'il fut obligé de s'expatrier jusqu'à la mort du duc.

C'est la police du -théoitre de Bordeaux qui avait été la cause de ce démêlé. Les gouverneurs prétendaient avoir la haute main sur les théâtres. De là des conflits avec les municipalités et même les corps judiciaires. Le duc de Villars protège le théâtre de Marseille contre les échevins, qui veulent établir un droit de 25 pour cent en faveur des pauvres; il veut apaiser des troubles, des cabales et des sifflets qui se produisent au parterre, et va jusqu'à « donner l'ordre » aux magistrats municipaux de faire mettre en prison le capitaine de quartier qui ne les ferait point cesser-.

En 1718, le maréchal de Montesquiou autorise une troupe d'opéra à donner des représentations dans un jeu de paume à Rennes; le parlement s'y oppose, parce que le spectacle « pourrait susciter des querelles , à cause des troupes » ; il ordonne la fermeture de la porte du jeu de paume. Montesquiou envoie vingt soldats, pour qu'elle reste ouverte. Le

1. Lettre de Belle-Isle au chancelier, liibl. nat., 7956. — Ilippcau, t. IX, p. 178, 212.

2. M" d'Argenson, t. VIII, p. 100. — Le Maréchal de Villars, p. 2G6 à 268. — Le comte de Belle-Isle demande la grâce d'un acteur quia tué un de ses camarades, à son corps défendant. (Bibl. nat., fr., 7956.)

parlement insiste; les évêques de Rennes et de Vannes interviennent, et Montesquieu cède, pour éviter le scandale ; mais il en réfère à Paris, tandis que la demoiselle Desjardins, directrice de l'opéra ot faisant partie elle-même de l'opéra de Paris, se plaint vivement au conseil du dedans du préjudice qui lui est causé ^ .

Plus utile mais plus intermittente était l'intervention des g-ouverneurs pour les approvisionnements. En cas de disette ou de guerre, ils s'unissaient aux intendants, aux parlements et aux échevinages pour faire venir des blés. Ils se préoccupent aussi parfois des progrès de l'agriculture. Le gouverneur de Normandie fait semer des pommes de terre, dont il préconise la culture, au pied des forêts de mûriers qu'il a plantés-. Le commerce ne leur est pas indifférent. Colbert recommandait à l'un d'eux de donner toute son application à bien connaître quel en était l'état dans sa province"'. Dans les gouvernements baignés par la mer, il méritait davantage leur attention. Le duc d'Harcourt s'occupe de projets rela-

1. Lellre de Monlesquiou, du 2 janvier 1718. Bibliothèque nationale, fr., 11379. — Le clergé nétait pas toujours aussi hostile aux théâtres. En 1763, le chapitre d'Autun, sur la demande du comte de la Guiche, commandant en Bourgogne, permit à la municipalité de faire installer, dans un ancien réfectoire capitulairc, une salle de spectacle, qui devait être appropriée pour la tenue des étals. (G. Dumay, Une Session des elats généraux de Bourgogne en 17G3, p. 17 à 19.)

2. La Cuisine dea pauvres, 1772, p. 65. — En 1764, le gouverneur de Flandre fait faire le dénombrement de la population. (Expilly, t. V, p. 813.)

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