Lettres, t. IV, p
tifs au port du Havre et à l'ouverture d'un canal de Caen à la Manche. Il transmet au ministre , en les appuyant, des demandes de manufacturiers qui sollicitent des privilèges pour leur industrie, au risque de voir Trudaine les refuser par l'excellente raison que « les privilèges nuisent au progrès des arts et de l'industrie, au bien du commerce et à l'avantage du public... » Le duc d'Harcourt témoigne dans plus d'une circonstance de sa sollicitude pour les intérêts de sa province. Il engage Dumouriez, qui commande à Cherbourg, à lui « écrire tout ce qu'il croira devoir opérer le bien, soit civil, soit militaire, avant d'en écrire au ministre... Vous savez, ajoute-t-il, que telle est la forme des commandants particuliers au commandant en chef; » mais tout en s'étendant sur les intérêts du commerce, il lui rappelle qu'il n'a pas le droit de le réglementer. Lui-même, s'il intervient dans des questions de ce genre , c'est en usant de son influence plutôt que de son autorité. Il ne peut que recommander deux modistes de Rouen, qui désirent obtenir la maîtrise sans se soumettre à l'apprentissage et sans payer les frais de réception ; c'est le contrôleur général seul qui décidera en pareille matière ' .
Le rôle le plus efficace et le plus actif du gouverneur est celui de protecteur; on pourrait dire aussi de pacificateur et d'intermédiaire. Il peut ne pas résider; il peut s'occuper à peine des affaires administratives de sa province ; mais il écoute les plaintes et les