Lettres de M"« de Sévigné , 30 juillet 1689, etc
2. S'ils veulent être aimés et respectés, disait M™e de Sévigné en parlant des gouverneurs, c'est pour le service du vrai roi. {Lettre du 6 nov. 1689.)
Troyes I'od se passa du dais'. Ailleurs, la nouvelle de la nomination d'un gouverneur était célébrée par des fêtes publiques et même des ballets-.
La forme et l'apparat, qui jouaient un grand rôle à cette époque, éclataient surtout dans les premières entrées du gouverneur dans les principales villes. Ces entrées rappelaient sous beaucoup de rapports celles des souverains dans les grandes cités. Le cérémonial en était réglé d'avance , et d'après des règles auxquelles on se conformait presque toujours.
Le 10 octobre 1663, Eugène de Savoie, prince de Carignan, duc de Rethelois, gouverneur de Champagne, fit son entrée à Troyes. Les sergents du chevalier du guet et les archers des prévôts des maréchaux allèrent à sa rencontre à une lieue de la ville. Le maire et les membres du corps de ville l'attendaient au dehors des faubourgs. Le maire le harangua, puis remonta à cheval avec les échevins, pour l'escorter. Avant d'arriver aux remparts , la « cavalerie de la ville », en petit nombre, le salua; les trentedeux compagnies de la milice défilèrent devant lui, puis formèrent la haie jusqu'à la cathédrale. A la porte Saint-Jacques, décorée de festons et d'armoiries, le corps de ville le complimenta de nouveau, puis lui offrit les clés de la cité , « attachées d'une écharpe de taffetas blanc liée d'un cordon bleu. »