Séance du 11 novembre 1789. Moniteur, l. II, p
3. Moniteur, t. III, p. 113. — Garât soiilint les réclamations du pays basque contre sa réunion au Béarn, en faisant valoir la langue
pauté d'Orang-e de s'annexer au département quelle clioisirait. Le territoire de Landau était enclavé dans le Palatinat ; elle lui accorda une justice supplémentaire. Les raisons qui firent écarter les demandes du Dauphiné et de l'Aunis n'auraient pas été valables pour l'Artois, la Picardie, la Flandre et d'autres provinces qui ne furent remplacées que par un département; on avait une telle appréhension destraditions, parce quelles semblaient constituer des privilèges, qu'on remplaça tous ces vieux noms de provinces, qui avaient leur histoire, leur physionomie et leur gloire même , par des vocables de rivières, de montagnes ou d'autres particularités géographiques. Mais de même que les civitates gauloises avaient persisté pendant la domination romaine , les noms des provinces , qui ont été supprimées officiellement, ont persisté dans les désignations des habitants; les habitants de la Seine- Inférieure, de Maine-et-Loire et de la Côte-d'Or ne sont pas qualifiés d'après les substantifs de leurs départements, qui n'ont jamais formé des adjectifs : ce sont toujours des Normands, des Angevins et des Bourguignons.
La division en 83 départements était à certains égards rationnelle et sage; elle a duré pour ce motif avec les institutions administratives, issues de l'ancien régime , que le Consulat leur a données. Le nouveau régime a eu aussi pour résultat efficace de concentrer sous la direction d'un même ministère,
des Basques, que le diable, suivant une Iradition, aurait voulu apprendre sans pouvoir en venir à bout.
celui de l'intérieur, toute l'administration provinciale, qui jusqu'à la Révolution, dépendait des divers secrétaires d'État. L'arbitraire avait souvent préside à leur répartition entre le garde des sceaux et le ministre de la maison du roi ; des convenances particulières ou des circonstances diverses faisaient détacher certaines provinces d'un ministère pour les adjoindre à un autre'; pour des raisons plus logiques et plus permanentes, les régions maritimes étaient rattachées à la marine, celles des frontières du nord et de l'est à la guerre, la Provence aux affaires étrangères, sans doute à cause de la juridiction que la chambre de commerce de Marseille exerçait sur le Levant. En outre, le contrôleur général des finances correspondait avec tous les intendants. Comme à la formation des provinces, aucune vue d'ensemble n'avait présidé aux attributions des différents ministères; l'administration supérieure s'était constituée comme les administrations locales, lentement, successivement, d'après les besoins et les accroissements du pouvoir, par la pratique et la force des choses plutôt que par l'inspiration théorique des idées.
1. En 1747, par exemple, la Gulenne, la Normandie, la Champagne, le Berry et la généralité de Lyon furent détachés du ministère des affaires étrangères pour être rattachés à celui du comte de Saint-Florentin qui les conserva, lorsqu'il devint ministre de la maison du roi. {Gazette du 28 janvier 1747). Sur les départements des secrétaires d'État à diverses époques, voir les Secrétaires d'État depuis leur institution jusqu'à la mort de Louis XV, par le C*' de Luçay, p. 593 à 597).