‹ La province sous l'ancien régimeChapitre 171 sur 205 · Roschach, t. XIII, p · texte numérisé non relu

Roschach, t. XIII, p

d'uu mécontentement ou d'une disgrâce. Quand Villars alla passer cinq mois en Provence , on prétendit que le régent l'avait exilé. Si le maréchal de Richelieu se rend en Languedoc en 1749, c'est qu'il est « coulé à fond », qu'il boude, qu'il est « mécontent ». On a peine à croire qu'un gouverneur puisse sans raison spéciale aller s'acquitter sur place de ses fonctions. Quelques-uns furent réellement envoyés en disgrâce dans leur province, comme le maréchal de Villeroy que le régent exila à Lyon en 1722. Il y resta huit ans, déployant beaucoup de faste et quelque sollicitude pour les intérêts publics, surtout dans les moments de crises'.

Qu'ils séjournassent dans leur province ou qu'ils n'y vinssent jamais ou presque jamais, les gouverneurs avaient toujours des gardes, qui étaient appelés à les escorter â cheval dans les circonstances officielles. Ces gardes variaient en nombre de 30 à GO; ils étaient commandés par un capitaine, un lieutenant et un cornette. Le gouverneur de Champagne avait en outre une compagnie de vingtquatre hallebardiers suisses; celui de Bourgogne, une compagnie de gardes à pied , dite de la Porte ' . Linsigne des fonctions des gardes était une bandoulière armoriée qui leur était remise sur la recommandation des hauts dignitaires de la province. D'ordinaire, ils se faisaient habiller à leurs frais, « très proprement des livrées » du gouverneur 2;

1. Le Maréchal de Villars, p. 127. — M''« d'Argenson, t. VI, p. 86. — Montfalcon, Ilùt. monumentale de Lyon, t. II, p. 222.

2. Expilly, t. il, p. 194. — Un impôt spécial élait levé en Pro-

ils avaient en revanche peu de service et quelques privilèges. A Metz, un d'eux devait être chaque jour de garde chez le commandant de la ville, prêt à exécuter ses ordres et ses commissions. Ils portaient à leurs destinataires les lettres de cachet qui leur signifiaient les volontés du roi '. Toute résistance à leurs ordres pouvait être punie sévèrement; Villars fit mettre pendant six- semaines en prison au château d'Entrevaux un gentilhomme qui avait refusé d'obéir à l'un de ses gardes, ainsi qu'un consul et un lieutenant de juge, qui n'avaient pas voulu lui prêter main-forte.

Ils figuraient dans les cortèges, les ouvertures d'états, comme dans les baptêmes des enfants des gouverneurs et aux services funèbres qui étaient célébrés pour le repos de leur âme. Nous avons vu avec quelle pompe se célébraient les baptêmes où les provinces et les villes jouaient le rôle de parrains^. On multipliait les cérémonies pour rendre aux gouverneurs les derniers hommages. En 1615, neuf évêqucs assistent aux funérailles du duc de Montmorency, au milieu d'un grand concours de pénitents gris, noirs, blancs et bleus, dans une église tendue

vence pour les appointements du gouverneur et l'enlretènemenl de sa compagnie de gardes. (Id., t. V, p. 981.) — Le Maréchal de Villars, p. 85, 86. — Les ducs de Gramont, gouverneurs de Béarn, étaient colonels du régiment de Béarn et du bataillon des bandes gramontoiscs, composé de 500 hommes levés dans leurs terres et chargés de la garde des places des frontières.

1. Expilly, t. IV, p. 697. — Relation de ce qui s'est passé dans l'affaire de la régale, 1681, p. 73. — Bibl. nal., fr., 8910.

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