‹ La province sous l'ancien régimeChapitre 172 sur 205 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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310 LES r.OUVERNEURS.

de velours noir. Les services funèbres n'avaient pas lieu seulement dans les capitales, mais dans les principales villes des gouvernements. A Âuxerrc, la ville fournissait les tentures. En 1G73, la cathédrale de Troyes fut drapée de noir et décorée d'écussons pour le service du comte de Soissons. Une oraison funèbre fut prononcée , au milieu d'une affluence de peuple qui ne tarda pas à devenir tumultueuse. La milice bourgeoise figura dans cette cérémonie , la pique traînante, l'enseigne colonnelle couverte d'un long crêpe. Des services spéciaux étaient célébrés lorsque le gouverneur n'avait pas oublié dans son testament les pauvres et les hospices; ainsi les intendants des pauvres de Dijon en firent faire un pour le duc d'Épernon, ancien gouverneur, qui avait légué 20,000 Uvres à l'hôpital de leur ville K En 1716, un intendant fait célébrer à Montauban pour le maréchal de Montrevel, son protecteur, un service où l'on prononce deux oraisons funèbres. On célébrait aussi des services pour les femmes des gouverneurs , avec une pompe excessive, comme celui que la ville du Havre fit faire pour la duchesse de Saint- Aignan'-. On ne saurait dire, sauf pour un très petit nombre d'entre eux, que le souvenir de ces hauts fonctionnaires se soit perpétué dans la mémoire des peuples. De leur vivant, leur nom était inscrit sur

1. Bibl. nationale, fr., 11783. — Chardon, t. II, p. 170. — Arch. de l'Aube, G. 1304. fol. 1114 cl 1117. — Man. Bibl. Troyes, n« 686, fol. 77.

2. Uibl. nationale, fr., 11381. — Guislaia Lemale, p. 121, 122. — De Lagrèze, t. II, p. 100.

certains monuments, en tête des autorités, et le titre deprorex (vice- roi) leur était donné par les latinistes du temps ^ Le duc de Villars légua à la ville d'xVix une statue de son père par Coustou; mais il était rare que des monuments de ce genre leur fussent élevés par les habitants des villes. Leur passage avait été d'ordinaire comme celui d'un météore, qui brille sans laisser de chaleur et de germes de fécondité. Leur suppression fut réclamée par un assez grand nombre de cahiers de 1789, qui arguèrent de leur inutilité, et leur disparition s'accomplit sans laisser de regrets.

1. Des inscriptions mises sur les fontaines de Rennes en 1761, qualilieut le gouverneur de prorex , le lieutenant g;^néral de prxfectus illustrissimus , le premier président de senatus prxses, l'intendant de prscior.

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