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CHAPITRE IV

Rôle des lieutenants généraux. — Leur nombre et leurs appointements. — Commandants pour le roi. — Archevêque et premiers présidents commaadants. — Autorité des commandants par rapport à celle des gouverneurs. — Commission des commandants. — Le duc de Richelieu en Languedoc. — Le comte de Grignan en Provence. — Prérogatives. — Lieutenants de roi. — Gouverneurs de villes et de certains pays. — Conflits des lieutenants généraux avec les parlements. — Difficultés avec les intendants.

A en juger d'après le plus grand nombre, les charges de gouverneurs paraissaient avoir été données à leurs titulaires plutôt pour leur profit que dans l'intérêt des populations. Comme elles étaient rarement exercées régulièrement^, on n'avait rien trouvé de mieux que de donner aux gouverneurs des lieutenants généraux, qui avaient des attributions analogues et qui, en cas d'absence ou pour toute autre raison, jouissaient dans leur province de la même autorité, des mêmes prérogatives, quel-

1. Le gouvernement est même quelquefois vacant pendant plusieurs années, comme en Guienne, de 1661 à 1670. (Bibl. Mazarine, man. 2625.1

(juefois même de gratifications égales'. On pourrait presque les comparer à ces valets de grande maiton qui aidaient d'autres domestiques, quelque peu supérieurs dans Tordre hiérarchique, à faire un service d'apparat plutôt qu'un service effectif. Certains lieutenants généraux cependant résidaient dans leur province, y possédant une influence que dédaignait le gouvernem:'. Aussi pourrait-on dire des uns et des autres, que tant valait l'homme, tant valait la charge.

Leur nombre varia suivant les époques. Il fut réduit ou augmenté, d'après des considérations politiques ou personnelles. On en comptait 59 à la fin du règne de Louis XV. Certaines provinces, comme la Bourgogne et la Champagne , en avaient quatre ; plusieurs autres en avaient deux. Leurs circonscriptions étaient déterminées. La majorité des provinces n'en avait qu'un. Leurs appointements étaient très inégaux. En Guienne, ils étaient de 2i,000 francs; en Champagne, seulement de 2,800 et de 1,800.

Dans les provinces frontières où les appointements étaient considérables, les lieutenants généraux pouvaient être de qualité égale, sinon supérieure, aux gouverneurs. Plusieurs sont maréchaux de France ; il y en eut cinq en Guyenne de 1670 à 1789. On peut en citer qui avaient cédé leur charge de gouverneur par devenir lieutenants généraux-; d'autres, qui de

1. La province, dans ce cas, payait deux fois. C'est ce qui arriva en 1643 pour Schoniberg, lieutenant général de Languedoc. (Roscliadi, t. XI 11, p. 182.)

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