IV INTRODUCTION
port avec les progrès du pouvoir central, en qui s'incarnait le principe de l'unité d'action. Pour que cette unité s'exerçât, il lui fallut des organes subordonnés et fidèles, qu'elle trouva dans les intendants. Mais, comme la monarchie procédait par améliorations successives et non par lois radicales, elle laissa subsister, à côté des intendants , les magistratures anciennes , les états des provinces éloignées, les juridictions financières , les gouverneurs dont elle diminuait les pouvoirs sans abolir les prérogatives, les privilèges municipaux qu'elle s'efforça de plier à la règle commune, sans y parvenir entièrement. La machine administrative, formée de vieux rouages auxquels de nouveaux avaient été ajoutés, en faisant parfois fonctionner dans le vide ceux qui auraient entravé sa marche, présentait un système assez compliqué, mais adaplé à la transformation des institutions provinciales, qui s'opéra pendant la monarchie des Bourbons , et fut plus considérable de 1600 à 1787 que de 1787 à nos jours.
Il ne faut pas juger du passé d'après les doctrines du présent, ni l'histoire des institutions d'après les principes absolus de la logique et du droit. Les institutions sont en rapport avec l'état de la société , de la civilisation , des mœurs et des coutumes. Elles