INTRODUCTION
se développent, s'usent et se transforment suivant que cet état se modifie lui-même. Très simples dans les sociétés primitives , elles se compliquent dans les civilisations grandissantes pour revenir ensuite à des formes plus claires, plus régulières, plus logiques, sans être cependant définitives. Il ne suffit pas de vouloir établir ces formes pour les faire prévaloir. Louis XIV, tout épris qu'il était d'ordre et d'unité, n'aurait pu réformer radicalement l'administration; il trouva devant lui des coutumes, des traditions, des pouvoirs avec lesquels il dut compter; malgré toute sa puissance il n'aurait pu faire ce qu'ont fait Louis XVf en 1787, l'assemblée nationale en 1790, le consulat en 1800, parce que les circonstances ne s'y prêtaient pas. En tout, il faut arriver à son heure. Les publicistes peuvent concourir à la transformation des institutions , mais à la condition de parler au moment où leurs doctrines tombent sur un sol préparé à les recevoir. On ne saurait se figurer un Voltaire ou un Montesquier au treizième siècle. L'opinion dominante est une puissance à toute époque, et les rois, comme les institutions, sont tenus de s'en inspirer.
La monarchie française en a toujours tenu compte. Tout en proclamant la théorie de ses droits absolus , tout en inscrivant dans ses décrets la for-