De Carné, t. I, p
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forme, l'intendant de la province, tenant tous les fils de l'administration des finances et de la police, dans le sens large du mot, et plus maître que le gouverneur de la direction des hommes et des choses; Au troisième plan , quelques magistrats et des trésoriers de France n'apportaient dans l'assemblée qu'une compétence spéciale , qui ne pouvait rivaliser avec les attributions étendues des deux premiers commissaires '.
Le commandant pour le roi s'entourait d'un éclat de représentation qui se manifestait surtout dans la large et fastueuse hospitalité qu'il exerçait et dont la dépense absorbait, dépassait même, les gratifications quelquefois considérables qui lui étaient votées 2. Non seulement il offrait des repas officiels aux membres des trois ordres qu'il recevait à tour de rôle 3, mais il tenait table ouverte, ayant parfois, comme le maréchal d'Estrées aux états de Bretagne, jusqu'à cent soixante personnes à déjeuner et à dîner. Le duc de Penthièvre, en 1746, est obligé de faire étayer ses salons, tant est grande l'affluence des gens qui s'y pressent pour danser, boire et manger. Si l'on ne
1. Cérémonial du Languedoc. (Bibl. nat., f. fr., 11784). — Du Bouëtiez de Kerorguen, t. I, p. 244. — Man. Bibl. Troyes, n" 686.
2. En Bigorre, le sénéchal qui tenait les états, n'avait que 100 écus d'indemmité et point d'appointements du roi. I/intendant -sollicitait en 1716 une gratification en sa faveur, pour l'indemniser de « sa magnificence ». (Bib. nat., f. fr., 11381.)
3. En Languedoc, le commandant donne aux députes des deux premiers ordres un repas de cérémonie, appelé le repas du roi, où il porte en grande pompe la santé du roi et du gouverneur. (Reg. du cérémonial, Bibl. nat., f. fr., 11786).
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donnait plus, sous Louis XIV et Louis XV, dans les rues, des carrousels où le prix de la course était une bague ornée de diamants, comme le comte d'Halluin le lit à Montpellier en 163'i. , les tables de jeu , les danses attiraient dans les salons du représentant du roi la plus brillante société de la ville et les membres des états. On connaît les descriptions scintillantes que iiV^" de Sévigné a faites des réunions et des fêtes que la session des états de Bretagne suscitait à Vitré : «jeu continuel, bals éternels, comédies trois fois la semaine , une grande braverie, » écrit la marquise. «Temps de galas et de bals, dira plus tard Chateaubriand ; où l'on mangeait partout et Ton buvait. » Les présidents des trois ordres, les magistrats rendaient les politesses qu'ils recevaient; ainsi le sénéchal de Rennes, président du tiers, tenait table ouverte de 40 à 60 couverts , et donnait à jouer ensuite. En Languedoc, on ne buvait pas comme en Bretagne; mais les fêtes, le luxe, l'entrain, l'hospitalité officielle n'étaient pas moindres'.
Le gouverneur ou son lieutenant général était reçu solennellement à la séance d'ouverture des états. Une députation allait le chercher à son hôtel et le conduisait jusqu'au fauteuil, recouvert d'un dais, qui était placé au milieu de l'estrade ; ses gardes se tenaient à ses cotés et ses pages s'asseyaient sur les marches du théâtre. En Bretagne, en Bourgogne, des chaises étaient réservées au premier président du Parlement, à plusieurs lieutenants de