‹ La province sous l'ancien régimeChapitre 39 sur 205 · De Carné, t. II, p · texte numérisé non relu

De Carné, t. II, p

Trait singulier, mais caractéristique du rôle prépondérant que jouait le souverain et de la confiance qu'il inspirait.

L'intendant s'efforçait aussi de calmer les querelles , d'apaiser les divisions et les conflits qui s'élevaient entre les ordres; il y réussissait parfois. Les états de Navarre, en 1716, sont en proie aux cabales; ils montrent beaucoup d'aigreur contre le commandant et le major de la citadelle. « J'ai absolument terminé toutes ces divisions, écrit l'intendant au ministre , et réuni en apparence les cœurs et les esprits ; je les ai bien fait boire ensemble , et tout se passe par merveille ^ »

Chaque ordre avait son président; il était en Languedoc désigné par son rang. C'était, pour le clergé, le prélat président des états ou son représentant; pour la noblesse , le premier baron , le titulaire du fief qui lui conférait ce titre; pour le tiers état, le premier magistrat municipal de la ville la plus importante ou le sénéchal de celle où se tenait l'assemblée. En Bretagne , les présidents de la noblesse et du tiers étaient élus. La suprématie des deux premiers ordres sur le troisième était partout observée. Dans la salle, ils figuraient sur les hauts bancs de niveau avec l'estrade ou sur des gradins, tandis que le tiers état, dont les membres devaient être en costume « décent et convenable », siégeait sur le parquet qu'on appelait aussi le parterre. Quand un évèque ou un baron entrait dans la salle des états

Page 1