Bibl. nationale, fr
70 LES ASSEMBLIŒS n'ÉTATS.
de Languedoc, tous les membres se levaient et restaient debout jusqu'à ce qu'il eût pris sa place. Les autres membres étaient salués avec toute la civilité possible par ceux du haut banc *.
Les prérogatives de la noblesse et du clergé s'affirmaient aussi par la large part des indemnités qu'ils s'allouaient, et qui portaient parfois des désignations spéciales comme les « montres » en Languedoc"^, « le tailluquet » en Béarn et en Bigorre^. Quelquesuns des membres des deux premiers ordres se partageaient en outre des g-ratifications spéciales, et même des pensions. Ces pensions s'élevaient en Bretagne à 18,500 livres, tandis que pour le tiers-état elles atteignaient seulement 1,600 livres '. Des indemnités fixes étaient en outre attribuées aux membres des trois états; mais celles du tiers étaient toujours inférieures aux autres. Dans le pays de Foix, les abbés « tenant table « recevaient 300 livres pour la session, les nobles 10 livres par jour, les députés des villes-maîtresses 4 livres, et ceux des autres villes 3 livres"'. Les députés bretons étaient payés par les
1. Ribl. nationale, fr., 11783. — En Bretagne, les sénéchaux doivent siéger en robe, les députés en liabit noir avec manteau et cravate, les agrégés en cravate, sans manteau. (Arcb. nationales, H. 421.)
2. Marion, p. 125-126. — Les barons de Languedoc touchaient 2000 livres du roi et des « montres » de lOOQ livres qui étaient acquises à leurs remplaçants.
3. Louis Lacaze, Les Libertés provinciales en Béarn. p. 25, 26. — Dans le Nébouzan. en 1784 , les 12 membres de la noblesse se partagent 928 livres, les 32 du tiers état 4i8. (Arch. nationales, H. 70.) Il n'y avait pas de tailluquet dans le comté de SouIe (Ibid., 1 155).