‹ La province sous l'ancien régimeChapitre 44 sur 205 · Roschach, t. XIII, p. 168. — Filon, p · texte numérisé non relu

Roschach, t. XIII, p. 168. — Filon, p

2. Roschach, t. XIII, p. 1093. — D'Argenson, Mémoires, t. VI, p. 104, 105, 145, 150. — Marion, MachauU (VArnouville, p. 57, 89 à 198.

ment ces rigueurs collectives ; il préférait recourir à la menace, au besoin , à l'exil et à l'incarcération de quelques membres. Tel "est le sens des instructions adressées en 1765 au duc d'Aiguillon, commandant en Bretagne. Il avertira les états, disent-elles, qu'il est porteur d'ordres rigoureux, et les assemblera pour le surlendemain : s'ils persistent, il leur parlera avec la fermeté et- la dignité qui conviennent aux circonstances. Si, le lendemain, la délibération n'est pas conforme aux intentions de Sa iMajesté, il fera enregistrer son ordonnance. Si deux ordres l'acceptent, leur consentement suffira; si les trois refusent, ils devront se séparer. Des lettres de cachet, en blanc, sont toutes prêtes, pour envoyer dans des chcYteaux ou exiler hors de la province les huit gentilshommes les plus mutins et qui troubleraient le plus les délibérations *.

La violence avait toujours été employée, mais d'une manière intermittente. En 1657, le maréchal de la Meilleraye fait emprisonner un membre du clergé et fait dépendre sa mise en liberté du vote du don gratuit. En 1671 , Colbert envoyait dix lettres de cachet au comte de Grignan, pour obtenir un

1. Voici le texte de ces lettres : « Mons., Le trouble que vous causez dans les délibérations de l'assemblée des trois étals, étant préjudiciable au bien de mon service et aux véritables intérêts de mondit pays, je vous fais celte lettre pour vous dire que vous ayez à sortir de madite ville de Nantes aussitôt après la réception de la présente, sans nul délai. Le janvier 1765. Louis (Et plus bas) Phelippeaux. » Huit exemplaires de ces lettres existent encore, ce qui prouve qu'il n'en avait pas été fait usage, (Areli. Nationales, H. 625.)

LA PROVINCE. — T. I. fi

82 LES ASSEMULÉES d'ÉTATS.

vote analogue de l'assemblée de Provence'. En 1718, les gardes du gouverneur expulsent des états de Dinan soixante-trois nobles; et comme leurs collègues Veulent les suivre, il leur défend la sortie de la ville. Des députés parlent avec trop de véhémence : on les chasse, on les arrête, on les emprisonne; un gouverneur de Bretagne se plaint même de ce que l'on traite trop bien à la Bastille un noble qu'il y a envoyé. On essayait parfois de mesures préventives. En 176V, des lettres de cachet furent signées pour exclure les députés que l'on regardait comme les plus dangereux. « Bien que je n'aye aucune raison de me plaindre de votre conduite, écrivait le roi, néanmoins comme des considérations qui regardent mon service me font désirer que vous vous absteniez de vous trouver en l'assemblée des trois états de ma province et duché de Bretagne, que j'ai indiquée en ma ville de Nantes, au 1^'' octobre prochain, je vous fais cette lettre pour vous en donner avis-. » Pour éviter la contrainte , on recourait plus d'une fois à des moyens de persuasion que la morale réprouve, mais que la politique met trop souvent en pratique dans les pays où fleurit le régime des assemblées. La corruption par l'argent est un hommage rendu par le pouvoir à la liberté des membres de ces assemblées. Des fonds secrets étaient mis à la disposition des intendants et des gouverneurs, pour

1. De Carne, t, I, p. 328 — Colbert, Lettres, l. IV, p. 69. — Laferrière, p. 420.

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