Duc de Luynes, Méin., t. I, p
i. Du Bouotiez de Kerorgucn, t. I, \). 169.
des résistances qui étaient dans les paroles bien plus encore que dans les actes. On ne citerait guère d'insurrections fomentées par les états contre l'introduction d'un nouvel impôt, si ce n'est peut-ôtre la révolte du pays de Chalosse contre les gabelles, en 166i, où le président des états de Béarn et le gouverneur même de la province passaient pour soutenir les révoltés*. D'ordinaire, toutes les demandes de la cour étaient accordées, et le premier commissaire pouvait écrire au ministre , comme le marquis d'Usson en 1785 : « Tous les objets de mes instructions ont été remplis , soit en y obtempérant purement et simplement, soit en y joignant des espèces de remontrances, toujours suivies de l'obéissance, soit enfin en suspendant la délibération de l'imposition demandée , mais donnant ordre au trésorier de fournir les fonds nécessaires pour exécuter les ordres du roi 2 ». Le rôle des députés était bien décrit par lord Chesterfield , lorsqu'il disait d'eux : « Us s'assemblent , ils parlent, ils murmurent, et à la fin, se soumettent à ce que le roi ordonne ^. »
Ils se soumettaient , il est vrai ; mais à force de plaintes , de réclamations , d'influences , de protections, ils sauvegardaient une partie de leurs privilèges. Ils payaient , mais ils se faisaient accorder des réductions , souvent assez considérables ^ ; ils obte-
1. OReilIy, Pellot, t. I, p. 443. La révolle dura dix ans; le chef des révoltés finit par se soumettre et devint colonel de dragons.