Ainsi en 1769, le ministre réclame aux états de Languedoc
liaient surtout de ne pas payer de la môme manière que les pays d'élections. Ils avaient la satisfaction de répartir et de percevoir les contributions à leur gré. Ils s'abonnaient aux contributions nouvelles ou s'en rachetaient; l'État n'y perdait rien, et la province y gagnait souvent. Elle s'épargnait l'ingérence directe et les vexations des agents financiers du gouvernement-central. Elle payait toujours, mais elle avait la satisfaction de s'exécuter elle-même. L'abonnement à forfait assurait au roi une somme fixe et nette, sans aléa et sans non-valeur. La régie directe qui lui fut substituée en Bretagne fut abandonnée comme étant désavantageuse à l'État. Presque partout, les états s'abonnèrent à la capitation, aux dixièmes, aux vingtièmes' et même en Languedoc, aux droits d'aides, par une contribution justement nommée l'équivalent.
Ils se rachetaient aussi de droits nouveaux onéreux et vexatoires, par une somme une fois fixée et débattue de gré à gré avec les commissaires du roi. C'est ainsi que les états de Languedoc obtinrent que le monopole des litières accordé au comte d'Armagnac ne fût pas exercé dans leur province, et qu'ils financèrent pour éviter l'établissement des offices de tout genre que le génie fiscal créa vers la fin du règne de Louis XIV avec une surprenante fécondité. La plupart des états rachetèrent à diverses reprises
80,000 francs pour l'abolition de la mendicité; les états obtiennent de n'en payer que 50,000. (Arch. nationales, H. 748 i^.)
1. En 1761, ils s'abonnent en Languedoc pour les trois vingtièmes, moyennant 3,640,000 1. [Arch. nationales, H. 748 3»,)
les offices municipaux que le roi, dans un but de fiscalité, voulait rendre vénaux et héréditaires En 1705, l'assemblée de Languedoc donna 700.000 1. pour que les présidences des assiettes ne fussent pas érigées en offices ^ Comme ces sortes d'opérations grevaient le présent au profit de l'avenir, il paraissait légitime de recourir à l'emprunt pour y subvenir. Les provinces empruntèrent donc, avec d'autant plus de succès que la sagesse de leur administration était une garantie de leur crédit.
Ces emprunts, contractés tantôt avec des banquiers étrangers, tantôt avec des capitalistes de la province et même de Paris- pour des sommes diverses, étaient productifs d'un intérêt qui variait , suivant les circonstances, du denier 12 au denier 50, et remboursables par voie de tirage au sort dans des délais déterminés"^. Il arrivait même que le taux de l'intérêt de l'argent venant à diminuer, les états anticipaient les remboursements de ceux de ses