Monin, p
2. On trouve pour les emprunts de Languedoc, en 1758 et 1759, parmi les préteurs, le collège de Narbonne de Paris, pour 12,000 livres, le directeur de l'imprimerie royale, pour 19,000, un conseiller d'État pour 20,000, un huissier de Paris, pour 18,000, avec des financiers et des marchands de Montpellier, un capitaine, un conseiller de Toulouse, un curé, pour des sommes variant entre 4,600 et 21,000 livres. (Arch. nationales, H. 748 ='^.)
3. II y avait autant de billets que de contrats, et le tirage avait lieu, en présence du commandant en chef et des syndics généraux. (Arch. nat., H. 748 ^^.) En 1720, les états de Languedoc réduisirent le taux de l'intérêt de leur dette, en offrant le remboursement à ceux qui n'accepteraient pas. Sur le taux de l'intérêt des emprunts à différentes époques, voir les chiffres donnés par M. des Cilleuls dans la Réforme Sociale (t. XXXV, p. 808).
créanciers qui ne voulaient pas subir une réduction de leurs rentes '. Les emprunts n'étaient pas seulement contractés pour des rachats d'impositions, mais pour des travaux publics, pour des acquisitions de grains en temps de disette, pour des motifs sérieux d'intérêt public ou patriotique, comme la défense des côtes-, la levée d'un régiment ou la fourniture de fouiTages à une armée en temps de guerre ''.
Le crédit des pays d'états était si bien établi que la royauté s'en servait dans les moments d'embarras financiers, surtout à l'époque des guerres prolongées. De 1733 à 1781, le Languedoc lui prêta ainsi son crédit pour lui procurer 71,600,000 livres*. En 1758, il lui vota 15 millions. Le remboursement en était absolument garanti par le prélèvement d'un million que le receveur de la province devait faire chaque année sur le produit des impositions qu'il était chargé de transmettre au roi. De 174'+ à 17'i-8, la Bretagne avait de la même manière fourni au roi 23,'i.00,000 1., qui en 1763 étaient déjà réduits
1. En Languedoc, en 1766, par exemple. (Arch. nationales, H. 748 *3; voir aussi 748 39.) — En 173j, la Bretagne rembourse 659,000 livres à ceux qui consentent à perdre les 2/563 je leur capital. Les acceptants furent si nombreux qu'il fallut tirer au sort ceux qui seraient remboursés. (De Kerorguen, t. l, p. 176.)
2. En Bretagne, 600,000 fr. sont empruntés dans ce but en 1747. (Arch. nationales, H. 545.) La Provence emprunte plus de 1,300,000 fr. de 1703 à 1709. (Bibl. nationale, fr. 8,889, 8,910.)