Arch. nationales, H
98 LES ASSEMBLÉES d'ÉTATS.
A partir de la fin du dix-septième siècle, les principaux actes émanant des états furent imprimés. Ils avaient leur imprimeur attitré, et généralement celui-ci avait pour successeur son fils ou son gendre *. Les ministres s'opposèrent en 1716 à la publication des procès-verbaux des états de Bretagne; ceux-ci n'en payaient pas moins 6,636 1. à leur imprimeur en 1765, pour des travaux parmi lesquels figuraient les mémoires de la société d'agriculture. Sous Louis XVI, les assemblées publièrent généralement leurs procès- verbaux -.
Nous parlerons plus loin des gratifications et des indemnités accordées aux agenls permanents des états, ainsi qu'à leurs députés à la cour et aux membres des commissions intermédiaires. Elles récompensaient des services rendus à la province et se justifiaient mieux que les allocations souvent excessives que l'usage lui inspirait d'offrir aux gouverneurs et aux lieutenants généraux. Le gouverneur était dans certains cas le protecteur de la province; il servait d'intermédiaire entre elle et le roi ; mais un lieutenant général ou même l'intendant aurait rempli
1. Gille Le Camus, imprimeur du Languedoc, a pour successeur son gendre Pigeon, puis la veuve de Pigeon. (Arch. nationales, H. 748 11.)
2. Les assemblées de Provence firent publier un abrégé de leurs délibérations, à partir de 1633. Celles des états de Languedoc furent imprimées régulièrement à partir de 1777 (De Carrière, p. 8.); celles des états de Corse, au moins pour les sessions de 1772 et de 1773, furent imprimées en français et en italien. (Arch. nationales, K. 685.) Les assemblées d'assiette du Languedoc firent même imprimer leurs procès- verbaux de 1783 à 1788.
ce rôle aussi utilement que lui. Au dix-huitième siècle surtout, il ne présidait les états que par exception et venait très rarement dans sa province. Mais celle-ci pouvait-elle payer trop cher l'honneur d'avoir à sa tète un prince du sang, comme dans les trois grandes provinces, ou un grand seigneur, maréchal de France ou duc et pair? Croirait-on qu'en Bretagne et en Languedoc, on donnait par an 60,000 francsau gouverneur, qu'en Bretagne, comme le duc de Pentliièvre était en même temps grand amiral, on lui allouait 15,000 francs en sus pour frais d'amirauté; qu'en Provence , le gouverneur recevait 40,000 francs; qu'en Bourgogne , non seulement les états offraient au prince de Gondé, leur gouverneur 56,000 par an, mais que les petits États de Bugey le suppliaient d'agréer 13,000 francs pour trois ans 3, les états de Gex, 6,000-, que ceux de Bresse payaient 20,000 francs, lors de l'installation d'un nouveau gouverneur^? En Artois, l'allocation est de 2i,000 fr; en Navarre, de 16,000; dans le comté de Foix, de 15,000; en Bigorre, de 3,000; en Béarn, de 38,500. On y ajoute 4,000 pour la maréchale de Gramont, femme du gouverneur, 2,000 pour ses gardes et 1,000 francs pour son secrétaire^.
Mais là ne s'arrêtent pas les libéralités à l'égard