A. de Hoislisle. Corrcsp. des cont. gén., t. II, n
5. D'après Raymond (p. 96), le gouverneur du Béarn touche avec sa famille 80,000 fr. des états, sous Louis XI V.
100 LES ASSEMBLÉES d'ÉTATS.
du gouverneur; la Bourgogne donne 2600 fr. à son capitaine des gardes; elle paie 24,000 fr. pour la subsistance de ses gardes à cheval; 2,600 à plusieurs de ses officiers. Entre-t-il pour la première fois dans la capitale de sa province , préside-t-il les états? Un présent extraordinaire de 20,000 ou de iO,000 livres lui est offert. Les uns le refusent, comme Vendôme et Penthièvre; les autres, comme Villars, le sollicitent presque et l'acceptent. Le gouverneur obtient-il un dégrèvement considérable d'impositions? la province lui témoigne sa gratitude par un don magnifique. En 1697, la Bourgogne veut faire accepter pour cette raison 50,000 1. au prince de Condé, qui les refuse noblement, « n'entendant qu'il retombât rien sur la province de la diminution accordée par le roi '. »
Si du moins on n'avait eu que le gouverneur à payer : mais il fallait donner au commandant en chef et aux lieutenants généraux des gratifications qui variaient, selon qu'ils présidaient ou non à l'ouverture des états, selon leur absence ou leur présence dans la province. Parfois, le lieutenant général restait en permanence dans la province, comme le comte de Grignan; tantôt il se faisait un roulement entre les divers lieutenants généraux, qui tenaient les états sucessivement. Le duc d'Aiguillon, lieutenant général du comté Nantois, touche près de 100,000 fr. en 1765 tant pour appointements, gratifications, fourrages, que pour les gratifications
t. A. Thomas, Une Province sous Louis XIV, p. 200, 205.
de sa femme 1. Le maréchal de Thomond en Languedoc reçoit 16,V85 L pour ses fourrages. Parfois, il est vrai, les prétentions des lieutenants généraux ne sont pas admises; ainsi le ministre Desmarets repousse en 1713 la requête du maréchal de Châteaurenard qui demande 30,000 1. pour lui et 12,000 pour la maréchale. Il ne lui sera rien accordé, parce qu'il n'a pas présidé les états 2. En 1717, le régent demande aux états de Flandre une gratification de 4,000 fr. pour le prince de Tingry. Quoique l'intendant estimât qu'ils ne devaient ni ne pouvaient se dispenser de l'accorder de bonne grâce , les états résistèrent, et à la suite de beaucoup d'agitation, n'accordèrent pas l'allocation en entier 3. Mais d'ordinaire, il ne faut pas que ceux-ci s'avisent de refuser les gratifications qu'il est d'usage de voter. En 1727, la majorité des petits états de Gex, sur la
1. Le duc, 35,000 fr. Gratifications, 15,000. M""" la duchesse, 15,000. Fourrages, .32,850. Secrétaire, 2,000. (Arch. nal., H. 625.) Le commandant on chef en Bourgogne reçoit 11,230 l"r. en 1776. En 1721, le ministre écrivait à l'intendant de Bretagne : « Dans le cas où la maréchale d'Alègre irait aux États, le roi et Son Altesse serénissime (le gouverneur) trouveraient bon que les étals lui accordent la gratification de 15,000 fr., qu'ils sont dans l'usage d'accorder aux femmes de mes.sieurs les premiers commissaires du roi... lorsqu'elles se trouvent à ces assemblées. (Archives nationales, G''.33.) En 1705 et en 1706, bien que le commandant fût présent, on avait accordé en Languedoc, sur l'intention du roi, 12,000 fr. au maréchal de Bervvick et 8,000 fr. à sa femme, comme on l'avait fait l'année précédente à l'égard du maréchal et de la maréchale de Villars. [Corr. des contrôleurs fjénéruux, t. II, n» 936.)
2. Arch. nationales, H. 220. En 1705, il les avait eus; cette somme était volée pour deux ans. (Ibid., H. 218.)