Arch. nationales, H. 748 3^ — Roschach, t. XIII, p
3. En 1727, l'intendant de Bourgogne reçoit pour trois ans 1,000 livres de chacun des petits états. (Arch. nationales, H. 102.) — Le comté de Foix donne à l'intendant 1,000 fr. en 1712.
4. Les états deBéarn donnent 1,000 1. « au secrétaire de l'intendant pour des motifs à nous connus. » (De Lagrèze, t. I, p. 100.)
cuii « des secrétaires servant auprès de MM. les secrétaires » * . Omet-on de les faire figurer sur le budget, ils savent bien rappeler leurs droits à une gratification, tout en protestant de leur désintéressement. Ils n'en sont pas moins consciencieux. Le secrétaire d'un gouverneur de Bretagne ayant reçu d'un lieutenant de roi une lettre où celui-ci lui « offrait un présenfrhounête » pour faire réussir une affaire, lui répondit dans ces termes : « J'ay entendu dire sans le savoir qu'il y a quelques bureaux à la cour où les affaires se traitent de cette manière... Mais si je savais que le moindre valet de pied de Son Altesse Sérénissime eût seulement écouté la proposition que vous me faites l'honneur de me faire, je le ferais chasser sur-le-champ -, »
Évidemment les commis des gens en place étaient trop souvent accessibles aux présents. En 1749, un agent des états de Béarn sollicite à la cour la suppression d'une maîtrise des eaux et forêts récemment établie à Pau. Pour faire réussir la requête des états, il paie des soupers à différents secrétaires,
1. Arch. nationales, H. 344. — En Bourgogne, 3,200 fr. pour trois ans au secrétaire des commandements du prince de Condé : 1,500 fr. au second secrétaire. (Thomas, p. 200.) La Bresse donne 1,000 1. au S"" Callut, marquis de Chanton, premier secrétaire du gouverneur, 500 fr. au deuxième secrétaire. (Arch. nat., H. 98.) Le Bigorre 300 fr. au secrétaire du gouverneur de Guienne. (Ibid. , H. 1154.)
2. Lettre du 5 janvier 1697. (Arch. nationales, KK. 1103.) — Il avait écrit antérieurement à un gentilhomme qui lui avait envoyé du beurre et du gruau : « Je l'accepte avec plnisir, mais c'est à condition que vous ne m'enverrez plus rien, étant sur le pied de nC recevoir aucun présent de qui que ce soit. » (Ibid.)
104 LES ASSEMBLÉES d'ÉTATS.
cent bouteilles de vin à un premier secrétaire, 120 livres d'étrennes â un valet de chambre, 48 1. à « la femme de chambre d'une personne à ménag^er pour solliciter sa maîtresse. » En outre, la province envoie dans le môme but douze jambons et deux barils de cuisses d'oie à un conseiller d'état'. En 1776, la Bourgogne adresse à Paris des vins en présents, qui lui coûtent 10,510 liv. '.
Il semble naturel que les administrés donnent directement des gratifications aux administrateurs qui consacrent une partie de leur temps à leurs affaires. Les états de Bresse votent, en 1670, 1,800 francs « à M^"" Golbert, intendant des finances , pour qu'il favorise le pays de sa protection pour les trois ans ; » 1,800 francs également « à M^' de la Vrillière, qui a le département delà Bresse dans son secrétariat d'état, j)our qu'il lui plaise de continuer ses faveurs au pays; » 1,800 francs à son fils, qui a la survivance de sa charge ',
La Bourgogne donnait plus de 20,000 1. aux personnes qui servaient la province à la cour et 6,000 francs à Golbert, qui pourtant se plaignait « des gaspillages commis par les provinces à titre de gratifications y>^. La Bretagne, en 1765, vote pour deux ans 20,000 francs au ministre Saint Florentin et à ses commis, 7,000 au contrôleur général, 5,000 au duc de Choiseul, 1,000 à Trudaine, directeur
1. Raymond, Inventaire des Arch. des Basses-Pyrénées , p. loi.