Bo'> Trouvé, t. I, p
108 LES ASSEMBLÉES d'ÉTATS.
nés et à Dijon qu'en 1718 et 1725 *. Aux états de Béarn , remplacement futur de la statue souleva les plus curieuses discussions; chaque député invoquait de surprenantes raisons pour quelle fût érigée dans sa localité. Morlaas prétendait être Tancienne capitale de la province; Oloron était le rempart de la France; la vallée d'Ossau était habitée par une race d'habitants à qui Jules César avait témoigné son estime , en faisant graver « sur une peyre de marbre son nom et ses armoiries » ; la vallée d'Aspe conduisait à un passage en Espagne que le même Jules César avait taillé dans le roc. Pau se disait avec raison le berceau de Henri IV et la capitale de la province. Toutes ces prétentions , où l'esprit local se donnait carrière, furent conciliées par la proposition des jurats de Lembeye, qui, n'ayant sans doute aucun titre à faire valoirpour leur ville, demandèrent qu'on s'en remit au choix du roi 2, Des statues furent aussi votées à Louis XV; mais en Bretagne , il s'éleva de vives réclamations parce que le sculpteur avait représenté la province à genoux aux pieds du roi 3.
D'ordinaire, la France ne faisait pas appel en vain au patriotisme des provinces , lorsque les nécessités de la guerre l'exigeaient. Si des demandes de subsides, à l'époque de la guerre de Sept ans, furent accueillies en Bretagne par des cris de fureur et des actes de violence de la part de la noblesse , la
1. A. de Boislisle, La place des Victoires et la place Vendôme. Mém. de la Société de l'histoire de Paris, t. XV, p. 215 à 222.