Arch. nationales, H
4. Eu Bretagne, la charge de trésorier valait 100,000 écus depuis 1705. (Arch. nationales, H. 218.) — Monin, ch. iir.
122 LES ASSEMBLÉES d'ÉTATS.
1711, menaient grand train et tenaient table ouverte ; sous Louis XIV, Bonnier de la Mosson laissa douze millions et une galerie de curiosités de tout genre '. Comme ces charges étaient lucratives , le roi et les ministres essayaient parfois d'y faire nommer leurs créatures; ils n'y réussirent pas toujours".
Il est vrai que les trésoriers, quelque peu jalousés de tous en leur qualité de financiers, étaient surveillés de près par les syndics et par les commissions des assemblées 3, ainsi que par les chambres des comptes , qui, en Bretagne et en Bourgogne , examinaient leur gestion. En Languedoc, ils n'étaient comptables que devant les états , mais toute l'économie de la province portait sur leurs avances ; aussi l'intendant Basville disait-il que « ces sortes de gens ne sauraient être trop riches » et qu'il fallait bien se garder de porter atteinte à leur crédit^. Si l'un des trésoriers de Bretagne fait des avances de cinq millions sur les contributions ^, il en est d'autres qui ne peuvent satisfaire à leurs engagements et
1. V*' de Carrière, p. 118 à 126. — Eu Flandre, les receveurs des baillis de Lille et les greffiers donnent 15,0000 1. pour rendre leurs charges héréditaires. (Arch. nationales, H 673.)
2. M'* d'Argenson, Mém., t. VllI, p. 207. — Duc de Luynes, t. VI, p. 31. — Dans les petits étals des Pyrénées, les receveurs sont nommés par le roi, à titre d'office. (.4rch. nationales, H. 90 et 1152.)
3. Dans le pays de Foix, la commission chargée de la vérification des comptes se compose en 1769 de neuf membres et de deux syndics généraux (Arch. nationales, H. 714.); dans les Bastilles de Marsan, de quatre auditeurs nommés pour quatre ans. (Ibid. H. 90.)
4. Bibl. nat., fr., 11380. — Marion, p. 127. —Thomas, p. 136.
5. DeKerorguen, t. I, p. 169,180. Les étals de Bretagne nommaient des députés à la chambre de Nantes qui assistaient à l'examen des comptes.
laissent des arriérés considérables. Harouys, trésorier des états de Bretagne , se perd par son luxe , son désordre, sa générosité; il ne peut justifier de sa gestion, et se voit condamné à une prison perpétuelle à la Bastille L On pourrai, citer plusieurs trésoriers de Provence obligés de se démettre de leurs fonctions et plaidant pendant de longues années avec les procureurs du pays 5 qui leur réclament des restitutions importantes 2; d'autres, faisant banqueroute et dont les dettes sont payées par leurs cautions^. En 1761, les états de Languedoc réclament 186,627 francs aux héritiers d'un trésorier de la bourse pour les exercices de 1738 à 1744 ^. Le trésorier de Provence est déclaré en 1707 reliquataire de 678,788 1. par la cour des comptes ; les procureurs du pays lui font un procès en restitution qui dure de longues années ^
Les caisses des trésoriers sont alimentées par les receveurs des impositions. Ceux-ci sont au nombre de seize en Bourgogne , résidant dans les principales villes de la province. Ils sont appelés à la chambre des élus généraux pour y assister au département des tailles des communautés de leur recette *». En