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Arch. nationales, II

140 LES ASSEMBLÉES d' ÉTATS.

et son intérêt était d'accord avec celui de la viticulture pour lui dicter des vœux de ce genre.

On ne se bornait pas à des vœux; on agissait. Le Languedoc achète trois semoirs, inventés par un abbé Soumille, moyennant 500 francs chacun ; il fait venir de Flandre des béliers et des brebis , que l'archevêque de Toulouse distribue lui-même à huit agriculteurs", dont cinq appartiennent à la noblesse; il accorde 3000 francs à un sieur de Saint Sauveur qui a importé cent brebis de Flandre et compte en faire venir autant, à la condition qu'il remettra chaque année aux états vingt -quatre agneaux d'un an , que l'on répartira entre chaque diocèse dans le but d'améhorer la race. Il alloue 150 francs par an, pendant dix ans, pour chaque étalon que le vicomte de Puységur entretiendra dans le haras qu'il compte établir. Il paie la pension de quatre élèves qu'il envoie à l'école vétérinaire de Lyon. Il donne un prix pour le meilleur pèse-liqueurs que la société des sciences de Montpellier jugera ; enfin il fait distribuer à foison des mémoires sur différentes questions d'agriculture, tels que le mémoire de l'inspecteur général Holker sur la manière de multiplier les troupeaux et les pâturages, et d'autres sur les prairies artificielles et les charrues ' . Partout , les états encouragent les sociétés d'agriculture, que l'autorité centrale et l'opinion publique suscitent à partir de 17G0, et la Bretagne fait imprimer et répandre dans les

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masses les mémoires de la société qui s'y fonde'.

La multiplication et la conservation des bestiaux préoccupent les assemblées à un égal degré. Les états nomment des visiteurs des haras; ils envoient des vétérinaires pour combattre les épizooties; ils achètent des remèdes dans le même but; ils donnent des primes pour la destruction des loups^. En Languedoc, des gratifications spéciales furent attribuées en 1768 à des lieutenants des capitaineries qu'on avait fait venir pour donner la chasse à des loups carnassiers, au nombre desquels l'imagination populaire croyait voir la Bète du Gévaudan, à laquelle elle prêtait des proportions monstrueuses '^.

Depuis Colbert, une vive impulsion avait été donnée par l'administration à l'industrie et au commerce dans toute la France. Les états s'associèrent à ce mouvement dont l'initiative appartenait au gouvernement. Si ceux de Bretagne, où dominait la noblesse, s'inquiétaient principalement du commerce maritime, les états de Languedoc déployèrent, surtout au dix- huitième siècle, la plus méritoire activité pour développer les industries du pays. Ils donnaient des gratifications importantes à l'inspecteur général des manufactures en tournée, aux inspecteurs régionaux; ils prenaient à leur charge les frais du bureau de la marque des draps à Montpellier et les appointements de l'inspecteur chargé de veiller à l'exécution

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