Ibid. H. 748 i
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des règlements; ils donnaient même des pensions aux anciens inspecteurs ^ L'amour -propre provincial, non moins que le désir d'accroitre la richesse du pays, les porte à contribuer par leurs subsides à la prospérité des anciennes industries et surtout à l'établissement des nouvelles.
C'est ainsi qu'ils paient une partie du loyer des manufactures royales -, qui ont déjà d'autres privilèges; qu'ils accordent des gratifications de 23 sous par aune à un fabricant de soieries de Lavaur-', qui en a tissé 16873 aunes dans une année; qu'ils octroient à un fa!)ricant de lainage dans le Gévaudan 4,200 fr., pour l'acquisition de douze métiers, et 10,000 fr. pour se procurer une teinture spéciale et une presse; qu'ils allouent 10,000 fr. à un fabricant d'étofl'es en argent et soie de Nimes, dont les produits sont supérieurs aux damasquettes façon de Venise. Un filateur de soie qui s'était établi en Espagne reçoit 3,000 francs pour venir installer ses métiers au Languedoc. Un fabricant de rouge d'Andrinoplc, à Nîmes, touche 10,000 francs de la province, à condition que son secret sera renfermé dans une cassette à trois clés, dont deux seront re-
1. 6,000 fr. sont accordés à l'inspccleur général llolkcr, 800 fr. à l'inspecteur; les frais de bureau sont de 8,700 fr.; les pensions sont de 800 à 1.000 fr. (Arcli. nal., II. 738 »•' à n.)
2. Imposition de 35,000 fr. pour ce loyer. — Dans un autre cas, 1,500 fr. sont accordés pour aider un fabricant à payer les logements de ses ouvriers.
3. Par exemple : 6 deniers par livre de cocons, 10 sous par livre de soie, 25 sous par livre de soie organsiné; à d'autres on alloue un sou par livre de cocons.
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mises à l'archevôque de Narbonne et à révoque de Nîmes, cassette qui sera ouverte et dont le contenu sera livré au public dans le cas où le fabricant transporterait son industrie hors de la province.
L'importance d'un outillage perfectionné est appréciée à sa juste valeur par les états. Des primes sont accordées aux inventeurs, comme l'abbé Soumille, qui reçoit 500 francs pour un nouveau tour à filer les soies. On fait venir des tours inventés par Vaucanson ; on sollicite de l'État de nouvelles machines et des moulins de dévidnge fabriqués sous la direction de ce célèbre mécanicien ; des rouets et des dévidoirs pour faire des « schalons anglais »; on achète, moyennant 3,000 francs pièce, des cylindres, semblables à celui que Vaucanson a construit pour Lyon , pour les placer dans les bâtiments municipaux de Nîmes et de Lavaur, et tous les fabricants pourront s'en servir moyennant un tarif déterminé. Les inventions nouvelles ne sont pas encouragées, du reste, sans contrôle, et l'opinion de Vaucanson est invoquée pour savoir si une machine présentée aux états mérite d'être primée par eux.
L'établissement d'industries nouvelles est la préoccupation constante des états. S'ils refusent des gratifications à des manufacturiers, « parce que leur industrie ne peut être regardée comme nouvelle, » ils ne les marchandent pas à ceux qui font des essais pour l'introduction dans la province des matières premières et fabriquées. L'intendant fait planter des cotonniers auprès de Castres et de Montpellier; les états achètent en Espagne des graines de pastel
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pour le diocèse de Narbonne. D'autres efforts sont faits pour introduire la fabrication du savon, de la bougie, des toiles, des lainages dans le genre anglais. 1,200 francs sont donnés dans le Gévaudan à un industriel pour les essais qu'il fait, et 350 francs par chaque métier qu'il mettra en activité lui sont promis. Il est question de créer une nouvelle manufacture de toile de coton à Castres. La ville offre le terrain; le diocèse offre 20,000 1. et demande le concours des états. Ceux-ci chargent leurs députés de s informer à Paris de l'utilité de cet établissement •. Les demandes de ce genre sont si nombreuses que l'intérêt des finances non moins que la prudence commande de les examiner avec soin.
Les états comprennent les ressources que l'indus- Irie peut tirer des richesses que renferme le sol. En Languedoc comme en Artois, ils accordent des gratifications qui varient entre 1,000 et 3,000 1. à ceux qui découvrent et exploitent des mines de charbon de terre 2, qu'ils appellent plus communément dans le midi charbon de pierre. Ils font mieux; pour en répandre l'usage, ils donnent des primes ou des subsides à des teinturiers de Carcassonne, à un verrier, à d'autres industriels, à la condition qu'ils substitueront le charbon de terre à celui de bois dans leurs usines. Par une anomalie singulière qui n'est pas propre à ce temps exclusivement,
1. Arch. nalionalcs, II. 748 3* et suiv. — E. Rossignol, Peiils états d'Albigeois , p. 131 à 143.