Monin, p
2. Ciléparde Boyerde Sainte-Suzanne, les Intendants de la généralUé d'Amiens, p. 497. — Voir aussi un mémoire des élus de Bar-sur- Seine, coatre la réunion de ce comté aux états de Bourgogne. (Arch. nationales, G^ 170.)
104 LES ASSEMBLKES d'ÉTATS.
peuples soumis à la domination romaine ont pu être aussi lieureux sous le consulat d'un Gicéron que sous l'empire d'un Antonin. On a dit que les états entretenaient la vie provinciale et que leurs sessions amenaient dans les villes où ils se tenaient une activité brillante et salutaire; cela est vrai; mais cette activité était éphémère et factice comme celle des foires, qui ne laissaient point de traces de leur passage, une fois qu'elles étaient terminées. Les cités où se tenaient les états, Rennes, Montpellier, Dijon, Aix, se distinguaient par leur société polie, par leurs cours supérieures et par leurs académies; ni le commerce, ni l'industrie n'y prospéraient. Ce sont les populations et non les administrations qui font les grandes villes ; Lyon , Marseille ' , Bordeaux , comme Paris, ne faisaient pas partie des pays d'états; elles eussent aussi bien prospéré dans ces pays, auxquels on ne saurait justement reprocher d'avoir été incapables par suite de leurs institutions d'amener leurs cités principales à un égal degré de population et de richesse.
Le publiciste Bodin, à la fin du seizième siècle, disait que « les élections coûtaient deux fois autant au roi que les états -. » Fénelon, qui aurait voulu faire établir partout des assemblées provinciales semblables à celle de Languedoc, alléguait que , si « on n'y était pas moins soumis qu'ailleurs , on y était moins épuisé ^ » . Montesquieu affirmait qu'il existait
1. Marseille et Arles ne dépendaient pas des états de Provence.