Réimpression du Moniteur, t. II, p. 231, t. V, p
des trois ordres eût demandé en 1789 l'établissement d'états dans tout le royaume, les états participèrent bientôt à l'impopularité qui s'attaqua à toutes les institutions traditionnelles delà France, à la royauté comme aux parlements. Dès le mois de janvier 1789, devançant l'opinion, d'Antraigues décrivait la constitution du Languedoc « comme la servitude la plus acerbe, la plus cruelle et la plus dangereuse, » et la cour des aides de Montpellier qualifiait les états de « corps sans réalité, d'assemblée sans caractère, d'administration sans pouvoirs '. » Le 4 août 1789, le maire de Nimes , de Marguerittes, déclara que la province de Languedoc était régie depuis longtemps par une administration inconstitutionnelle et non représentative... contraire à ses anciens privilèges, dont le plus précieux était d'octroyer librement l'impùt et de le répartir elle-même. Elle demande, ajoutat-il, <( l'établissement de nouveaux états en une forme libre, élective et représentative '. » Peu de temps après , Le Chappelier n'hésita pas à qualifier les états de Bretagne : «. ce que les abus ont de plus odieux , l'aristocratie de plus absurde, la féodalité de plus barbare, le veto de plus tyrannique. » Pellerin déclarait qu'ils constituaient « une assemblée non pas administrative, mais oppressive ; non pas protectrice,, mais destructive de la liberté des peuples •'. » Les
1. L. de Lavergne, les Assemblées provinciales sous Louis XVI, p. 408.