‹ La provinciale; piece en trois actesChapitre 47 sur 68 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

GEORGES

Tu ne veux donc pas que je te rende service?... On le dirait, ma foi!

MAURICE, troublé.

Quelle étrange suppo-ition !

GEORGES

C'est toi qui es étrange!... Djs-moi au moins ce que tu as l'ait, si je ne suis trop curieux, (un sucnce.) Tu hésites... Allons, avoue : tu as eu recours à des usuriers.

MAURICE, embarrassé.

Pas précisément!... Je réalise le capital.

GEORGES

De ta pension viagère... incessible et insaisissable?

MAURICE

Parfaitement.

Combien te donne-t-on?

MAURICE

Ce dont jai besoin... Davantage!

GEORGES

Je l'espère bien : tu n'as besoin que de huit mille francs

MAURICE

On m'en donne douze mille.

GEORGES, indigné.

Douze mille!... Pour une rente viagère de deux mille francs... A un garçon de vingt-huit ans, robuste comme toi,

ayant au moins un demi-siècle encore à vivre!... Et on va te compter seulement six années : c'est un vol.

MAURICE

Tu me désobligerais en insistant.

GEORGES

Tiensl tu es fou... fou à lier, mon pauvre garçon.

MAUJIICE.

Cela me regarde... Il faut bien payer, et je tiens à le l'aire sans m' endetter.

GEORGES

Puisque tu as de quoi me rembourser.

Je puis mourir.

GEORGES

D'ici à quatre ans!

MAURICE

D'ici à ce soir... Est-ce qu'on sait!... Et toi, tu es père de famille.

GEORGES

Eh bien, c'est très simple... J'admets tes scrupules, mais il y a un joint... Assure-toi sur la vie, pour huit mille francs, et me voilà garanti contre toute éventuali té.

MAURICE, après un silence embarrassé.

Georges, c'est inutile .. Et tu me fais perdre un temps précieux. (Ému et suppliant.) Oui, jc sais, tu es un ami sincère, je n'en ai jamais douté, ni de ta sollicitude affectueuse... Mais, je t'en prie, n'insiste pas... Ne me demande pas Timpossible... Laisse-moi agir à ma guise... Après tout, je ne suis pas un enfant.

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