ACTE DEUXIEME
GEORGES
Au contraire, tu en es un!... Un enfant terriblement obstiné !... C'est tellement inconcevable, ce que tu veux faire là, que tu dois avoir une raison cachée... Ne dirait-on pas que je t'offre un arrangement malhonnête... Voilà que ton
regard évite le mien... (Maurice se cache le Tisage dans les mains.)
Quelle honte y a-t-il à accepter de moi un service?
MAURICE, accablé.
Tu ne m'en as que trop rendus.
Eh, grand Dieu! quels services?
MAURICE, confas.
Comment! Tu m'as accueilli chez toi, invité journellement, on pourrait dire hébergé... Ton travail, même tes gains, tu les partages avec moi...
GEORGES
Ho! ho! Quelle comptabilité! Tu n'oublies rien, toi!
MAURICE
J'ai mon orgueil!... Il ne me plait pas que tout le monde dise...
6E0RGES.
Tout le monde!... Mais quand tout le monde dira que je t'ai laissé dépouiller! (un sUence, puis apitoyé.) Va, je me mets à ta place : un homme n'apprend pas que son père... Mais, du moment que tu n'as plus ton sang-froid, mon devoir est de te sauvegarder.. . Maintenant, si tu crois qu'aveuglé par l'intérêt que je te porte, je te propose un arrangement inacceptable, il y a une chose simple à faire : prenons un arbitre... Consultons une tierce personne...
MAURICE
Non! non!
GEORGES
Oh! pas un étranger... Berthc... Je vais appeler Berthc.
MAURICE
Ta femme ! . . . Jamais !
Pourquoi pas ma femme?... Elle est de bon conseil, et
connaît la situation, (se dirigeant vers la porte de droite.) Ne Craius
rien : j'aurai la délicatesse de la mettre au courant sans lui parler du billet.
MAURICE, l'arrêtant.
Non!... Non!...
GEORGES, se dégageant.
C'est de la démence.
MAURICE
Je ne veux pas, entends-tu?
GEORGES, appelant.
Berthe... Berthe...
MAURICE, se sauvant.
Adieu.
GEORGES, le retenant.
Tu vas rester. (Appelant.) Berthe. (a Maurice.) Tu crains qu'elle te donne tort.