BERTHE, GEORGES, MAURICE
BERTHE, entrant à Bon mari.
Qu'y a-t-il?
GEORGES
Nous désirons te consulter, (a Mauiice.) Parle, si tu veux.
MAURICE
Je n'accepte aucune intervention.
GEORGES
Alors, ce sera moi... (a Bertiie.) Voici... Maurice doit payer demain huit mille francs. Comme il ne les a pas, il compte vendre à des usuriers sa rente viagère... A des usuriers, tu entends?... Au lieu de le laisser voler comme dans un bois, je lui oiîre la somme... que j'ai là, disponible, depuis ce matin... Qu'est-ce que tu en dis?
BERTHE
Il ne peut accepter.
GEORGES
Tu ne m'as pas compris, (souriant.) 11 ne s'agit que d'un prêt, mon amie... d'un simple prêt, avec intérêt... au cinq pour cent.
BERTHE
N'importe ! II ne peut guère...
GEORGES
Comment! il ne peut guère!... C'est moi qui cesse de comprendre. Explique-toi... Si j'avais besoin de huit mille francs, moi, et que Maurice les eîit dans son tiroir, crois-tu qu'il ne me rendrait pas le même service ?
BERTIIE, embarrassée.
Je ne dis pas... et pourtant...
MAURICE
L'opinion de madame m'importe peu : quelle qu'elle soit, je n'accepterai jamais.
BERTIIE, à GeorgeB.
Si monsieur Maurice n'accepte pas, il doit avoir ses raisons... Il est meilleur juge...
GEORGES
Tiens, tiens ! (n reste rêveur.)
BERTHE
Il ne se soucie probablement pas que le monde... que l'opinion publique...
GEORGES, ù lui-même.
Le monde... l'opinion publique... Elle aussi!... (a Maurice.) Est-ce qu'une affaire entre nous deux peut regarder les autres?
MAURICE
Tout se sait... On sait déjà que je n'ai pas la somme : quand on va savoir que j'ai payé, on se demandera d'où vient l'argent?
GEORGES
Eh bien, de moi... Je te le prêterai chez un notaire, au grand jour, comme d'honnêtes gens que nous sommes.