ACTE PREMIER
BERTHF.
Te reverrai-je tantôt ?
II A u R I c E .
Je ferai mon possible.
BERTHE
Et ce soir?
MAURICE, après un silence.
Chaque soir, en partant... je te l'avoue... je me promets de ne plus revenir, puis, le lendemain, dès mon réveil, je compte les heures... Je ne pourrais pas ne pas venir... Mais chacune de nos soirées est un supplice pour moi.
BERTHE
Et pour moi donc !
MAURICE
Toi, tu es là, penchée sur ton travail, tu peux ne rien dire... Moi, il me faut tenir tète à Georges, comprendre ses paroles, répondre, plaisanter!... pendant que je sens ton regard sur moi, et que ton soufQe me fait frissonner...
BERTHE, avec mélancolie.
Avant... Tu te rappelles... avant... quelles bonnes soirées Le silence même nous semblait délicieux... Puis tu te mettais à parler de n'importe quoi, d'une promenade, d'une lecture : et moi, à travers les mots indifiérents, je t'entendais m'avouer ton amour, et t'avouais le mien de la même manière.
MAURICE
Tandis que maintenant...
BERTHE
Maintenant ! nos joies sont empoisonnées... Notre vie est une angoisse continuelle... Qu'allons-nous devenir?
MAURICE
Va, n'y pensons pas... (Ardemme .t.) Dimanche... Tu sais, comme d'iiabitude... après la messe...
liERTHE, confuse.
Oui.
MAURICE
Je t'aime comme tu dis... sincèrement, (a son oreiue, avec passion.) Mais je te veux, aussi.
CEUTHE.
Oui... Dimanche...
MAURICE, après avoir écoulé.
On s'en va. (Baissant la voix.) Adieu... Je làclierai de revenir.
RERTHE, épuisée.
Oui.
MAURICE, tout bas.
A tout à l'iieure.
11 sort par la porte de gauche.