ACTE PREMIER
GEORGES
Non, il peut m'arriver des clients... Mais tout est bien, ici... Ardi^son en voit d'autres chez lui.
BERTHE
Laisse-moi au moins mettre un peu d'ordre.
GEORGES
Bah!... Là où il y a des enfants, on sait bien... Le madère est dans le buffet?
BERTIIE.
Oui.
GEORGES, sort du buffet une bouteille, un tire-bouchon, puis, en débouchant la bouteille pendant q-e Bcrthe va prendre deux verres.
Ardisson vient de m'apporter notre part de la vente des moulins. Nous avons vendu, avec un profit inespéré... Rudement malin pour ces sortes d'alïaires, maître Ardisson! Devine ce qui nous revient? (certiie fait un geste injifiéreni.) Onzc mille francs, ma chère... Qu'est-ce que tu en dis?
DERTIIE.
Que veux-tu que j'en dise?
GEORGES
Ma parole, tu ne sais pas la valeur de l'argent! II y a trois ans, quand je suis entré pour quatre mille francs dans l'affaire des moulins, ne voulais-tu pas m'en détourner ! Cette somme, tu parlais de l'employer à embellir notre intérieur.
BERTHE, doucement ironique.
Je suis si prodigue...
GEORGES
Ce que j'en dis, c'est pour me faire pardonner d'avoir eu
du flair... Maintenant, embellissons, jetons l'argent par les fenêtres : nous le pouvons!... Comment! rien que deux verres ?
BERTIIE, gravement.
Je fais des économies.
GEORGES, souriant.
Méchante !
BERTIIE.
C'est possible. Mais tu sais que ça me fait mal... Et puis, j'ai tant à faire, le matin.
GEORGES
Reste un moment... Ardisson sera content de te voir... Je l'appelle?
BERTHE
Appelle...
GEORGES, de la porte do son cabinet.
Ardisson !
ARDISSON, du dehors.
Voilà !