‹ La Prusse et l'Autriche depuis Sadowa (volume 2)Chapitre 8 sur 21 · INTRODUCTION. VU · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VU

corps, qu'ils aient jamais appris à se sentir un seul peuple, sans avoir été préalableiaent soumis tous à une môme autorité centrale. j> {L$ goumme" nemtnt représentatiff chap. iv.)

Cette remarque de M. Mill explique clairemmt comment Tuniâcation de rAUemAgne s'c^ère par la main de la Prusse.

Mais faut-il regretter les eonséquences de Sadowa et souhaiter que Tunité de TAlkmagne ne puisse s^acheyer?Jentends parfois, en France, exprimer ces r^^ets et ces vœux , par des hommes éclairés et justes, mais je crois que ces sentiments ne leur sont inspirés que par un patrio-, tisme mal entendu.

Si Ton considère non les rivalités militaires des États voisins , mais l'intérêt réel de toutes les populations européennes, on ne peut nier que Tunité de F Allemagne ne soit un grand bien.

Premièrement elle donne à FAllemagiie plus de sécurité, plus de force, plus de moyens de développement écononnque. Elle répond aux nécessi*tés et aux désirs d*un groupe de quarante mil*lions d'hommes, ce qui est déjà beaucoup.

Secondement elle crée au centre du continent un état assez puissant pour établir un véritable équilibre, et désormais assez bien um pour ne plus offiir, par ses discordes intestines, des teur tations aux voisins d'y intervenir, de les en-

vni INTRODUCTION.

venimer et d'en tirer parti pour s'agrandir. C'est une occasion de guerre supprimée, une nouvelle barrière élevée contre l'esprit de conquête.

Troisièmement , l'Allemagne unifiée est le seul rempart qui puisse arrêter les envahissements d'un empire panslave aspirant à la domination de toute l'Europe.

L'Allemagne divisée , morcelée , asservie , ce n'est pas la France, iisolée aux bords de l'Atlantique, qui pourrait à la longue arrêter le mouvement irrésistible de concentration des peuples slaves aux bords de la Vistule, du Danube et de la Moldau.

Regretter. SadowaI Mais a-t-on réfléchi à ce qui serait arrivé si l'Autriche avait été victorieuse? C'était le triomphe des idées ultramontaines et des principes du concordat, l'asservissement de l'Italie et de la Hongrie, l'écrasement de la liberté, le rétablissement du système de Metternich, c'està-dire l'Allemagne dominée par les régiments croates et hongrois, et tout l'orient de l'empire opprimé au moyen des régiments allemands. La défaite de Koniggràtz a été une délivrance pour tous les peuples de l'Autriche. Tous, depuis ce jour, ont pu espérer reconquérir leurs libertés et aucun d'eux, pas même Vienne, ne regrette le coup de la destinée qui a brisé le joug commun.

Changement inattendu et significatif, à partir

Page 1