Blum, Fiirsl Bismarck, I, p. i
173 LA^ PRUSSE ET LA RÉVOLUTION DE l8Z|8
piité Bismarck-Schonhausen, le ministre de l'intérieur, M. d'Auerswald, s'expliquait sur « la réorganisation nationale du grand duché de Posen » ; le ministre déclarait « raisonnables et justes les vœux de Posen )), mais à condition que « l'intérêt de l'Allemagne ne soit pas lésé » ; un débat assez vif s'engagea, que quelques paroles conciliantes de Camphausen apaisèrent.
Le même jour, on adopta la loi électorale avec quelques amendements.
La quatrième et dernière séance fut terne ; après quelques discussions sur les élections à l'assemblée de Francfort, on vota les crédits demandés par le gouvernement, ce qui donna à M. de Bismarck l'occasion d'un excellent discours sur la répartition des impôts, le plus sérieux et le plus serré qu'il ait prononcé aux deux Landtags. Puis l'assemblée se sépara sans grande cérémonie.
Son résultat le plus net était la loi électorale, promulguée le 8 avril i8/i8', elle était très libérale ; son principe était l'élection à deux degrés, mais sans condition de cens. Tout Prussien âgé de i[\ ans et ayant six mois de domicile dans la commune était électeur primaire ; les conditions pour les électeurs secondaires étaient les mêmes ; les députés devaient avoir 3o ans.
I. Geselz-Sammlumj, i8'i8, p. ^9. Bonne analvsc dans Ronne, loc. cil., p. 87, 38 et les notes.
APRÈS l'insurrection I'S
La promulgation de la loi électorale telle que Tavaient votée les députés avait une signification importante. D'après les principes constitutionnels en viorueur, l'accord de la couronne et des Etats n'était pas nécessaire et le roi consultait le Landtag quand il le voulait et sans être lié par son vote. Le 29 mars, une députation de Breslau avait demandé à Frédéric-Guillaume qu'il soumît au Landtag uni le projet de loi électorale ; le roi avait fait une réponse évasive. La puissance de la pression publique était telle qu'il y avait été conduit. Le Landtag représentait dès lors, avec le roi et à côté du roi, l'autorité législative. Il transmettait ses pouvoirs à l'Assemblée nationale et donnait à celle-ci une force spéciale : on ne pourrait prétendre que cette assemblée n'émanait pas du pays et était illégale, puisque la loi électorale, d'où elle était issue, avait été votée par les représentants de la Prusse'.
Pendant la période qui sépare les deux assemblées, l'ordre se rétablit plus en la forme qu'au fond. Les rues étaient tranquilles ou à peu près ; les troupes étaient revenues à Berlin; mais le pays était profondément troublé ; l'agitation s'était transportée dans les clubs, qui jouissaient avec une ardeur de néophytes des libertés d'as-