‹ La Prusse et la Révolution de 1848Chapitre 12 sur 174 · J. Matter, I, p · texte numérisé non relu

J. Matter, I, p

4. Saint-René Taillandier, I, p. 109 et suiv., i84 ; Saint- Marc Girardin, Notices politiques et littéraires sur V AUcmafjnc , p. 30.

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voix va grandissant, et, à partir de 18^0, son rôle sera considérable ; dans les assemblées provinciales se forment des parlementaires qui acquièrent quehjue expérience en usant des rares droits politiques que leur confère l'ordonnance de 1823 ; dans les salons, dans les cercles, les discussions abandonnent les questions littéraires et philosophiques et se portent sur les difficultés politiques où se débat l'Allemagne ; les professeurs, surtout, quittent la pure théorie et se livrent à des digressions écoutées avec passion sur les questions pratiques ; ces deux sont toujours à l'ordre du jour : la question de l'unité allemande, le régime constitutionnel qu'il convient de donner à la Prusse.

Deux événements politiques, quoique de nature différente, exercent sur les esprits allemands une influence profonde et de même direction : le Zollverein et la crise de i84o. En prenant l'initiative et la présidence de l'union douanière*, la Prusse avait groupé autour d'elle tous les Etats secondaires et les avait opposés à l'Autriche qui en était exclue ; le résultat était double, le ZoUverein créait un commencement d'unité allemande. Le lien était mince, mais il

I. Treitschke, Die Anfcinge des deulschen Zollvereins ; Léon Say et Chailley, Dictionnaire d'économie politique, v° ZoUverein ; Emile Worras, L'Allemagne économique ou Histoire du ZoUverein ; Henri Richelot, Histoire du ZoUverein allemand.

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existait et il sulTîsait pour attirer vers In Prusse toutes les espérances des libéraux allemands ; on commençait à concevoir rAllemagne sans l'Autriche. Celle-ci était portée vers l'Est, à ses possessions magyares et slaves, et des intérêts commerciaux se créaient en Allemagne, contraires aux siens ; la barrière financière qui unissait les divers Etats de l'Allemagne les séparait dorénavant de l'Autriche.

Les événements de 18/40, qui bouleversent profondément l'Allemagne, réveillent les vieilles terreurs et renouvellent le mouvement de la guerre d'indépendance'. Dans l'explosion de colère contre la France, il y a autant de désir de s'unir que de crainte de l'invasion. Ici encore le gouvernement prussien sent le parti qu'on en peut tirer : il prend le premier des mesures préparatoires de guerre et se concerte avec la cour de Vienne sur les moyens d'armer la confédération germanique. Dans un même sentiment de peur et de fureur, tous les regards en AlTemagne se tournent vers la Prusse dont on sait la forte organisation militaire.

Telle était la situation de l'Allemagne, lorsque, le 7 juin 1840, Frédéric Guillaume IV monte sur le trône de Prusse. La profonde déception des

I. Thureau-Dangin, Histoire de la Monarchie de Juillet, t. IV, p. 3i6; Lavisse et Rambaucl, Histoire (jéiicrale, t. X, p. 687.

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espérances conçues lors de 1;« f^uerre d'Indépendance n'était pas encore oubliée ; mais ce nouvel espoir naissait que la Prusse prendrait la direction du mouvement national. Une réforme constitutionnelle devait en être le premier pas. S'il comprenait ces désirs, le nouveau roi serait maître de l'Allemagne. En les méconnaissant, il ris([uerait de compromettre, par une seconde déception, la couronne même de Prusse.

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