‹ La Prusse et la Révolution de 1848Chapitre 122 sur 174 · Denis, L'Allemagne, i8io-i852, p · texte numérisé non relu

Denis, L'Allemagne, i8io-i852, p

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ne pensaient que sous leur influence. Les hobereaux tremblaient pour leurs privilèges ; comme le ministère avait déposé le 20 juillet un projet de loi supprimant la franchise d'impôts pour les biens nobles, une réunion de grands propriétaires se posa en « assemblée pour la protection de la propriété » et protesta avec tant de vigueur contre les tendances nouvelles qu'elle s'attira le surnom de a Junkerparlament. »

La réaction s'étendait peu à peu aux villes ; le parti de la camarilla avait habilement exploité les écarts de la populace berlinoise et répandu une terreur de la propagande qui pouvait en résulter ; il était parvenu, ainsi, à isoler du reste du pays Berlin et quelques grandes villes ; l'opinion de la capitale devenait chose impie et monstrueuse. A Potsdam s'était fondé un club démocratique, qui répandait des opinions politiques, contraires à celles de la population locale ; le 20 août, les membres du cercle furent attaqués par plusieurs centaines d'individus et battus de belle façon. D'ailleurs, en manière de représailles, dès le lendemain, les démocrates de Berlin mettaient en règle le siège devant l'hôtel du président du Conseil, faisaient pleuvoir une grêle de pierres sur la maison, construisaient une barricade et répandaient la terreur dans Berlin'.

I . Correspondance flu Monileur universel français du 27 août.

Sous ces diverses influences, l'^rédéric-Guillaume s'écartait toujours davantage du parti libéral. D'après les souvenirs de Stockniar', il avait pensé h la dissolution de l'Assemblée constituante, lors du pillage de l'arsenal ; il trouva la mesure prématurée, il attendait que « l'assemblée se mît de plus en plus dans son tort-». Le 3o juillet, à une réception en son château de Potsdam, il traita les députés avec le plus profond mépris \ Les plus modérés, comme le comte d'Arnim, ne trouvaient pas grâce devant sa colère. Cette hostilité s'étendait à l'assemblée de Francfort qui le lui rendait bien d'ailleurs : à propos du serment des troupes, sur l'afTaire des duchés et l'armistice de Malmoë, elle le critiquait sévèrement.

Parfois une réconciliation semblait s'opérer : au milieu du mois d'août, l'inauguration de la cathédrale de Cologne donna l'occasion de prononcer des paroles de paix, de dévouement patriotique à la cause commune; le roi de Prusse, l'archiduc Jean, M. de Gagern, président du Parlement de Francfort, rivalisèrent de promesses et d enthousiasme ' : « L'unité ,

1. Denkiuurdigkeilen aus den Papieren des Fbn. Ch. von Stockmar, p. 5i2.

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