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L. von Gerlach, Denkwârdigkeiten

VERS LA RÉACTION 2o5

Le 9 septembre, le ministère Auerswald remit sa démissionau roi ; Frédéric-Guillaume fit appel à un libéral qui ne s'était pas usé à Berlin, parce qu'il siégeait h Francfort, Beckerath;il accourut, tenta très sincèrement une combinaison ministérielle avec Mevissen ; mais la situation était toujours plus difficile entre le roi guidé par la camarilla et rassemblée surexcitée ; Beckerath déclina toute part au gouvernement et Frédéric- Guillaume confia au général de Pfuel la présidence du Conseil (21 septembre).

Les ministres, Eichmann, Bonin, Ladenberg, étaient des royalistes sincères, conservateurs modérés, plutôt que de réaction violente ; Pfuel timoré, hésitant — gouverneur de Berlin, lors des journées de mars, il avait quitté le château et abandonné le commandement au o-énéral de Prittwitz, — était l'homme qu'il ne fallait pas prendre en pareille occurrence. On eut le sentiment très net que ce n'était là qu'un cabinet de transition.

La nomination du général de Wrangel comme gouverneur militaire des Marches, le i5 septembre, avait une signification bien précise. Il déclarait tout crânement que « sa tâche était de rétablir la tranquillité » et « qu'il avait le ferme espoir de ne point avoir à faire intervenir la force armée, mais qu'il y avait dans le pays des éléments de désordre... » Puis il ordonna une parade dans

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Berlin; on s'attendait h une révolution, ce fut presque un triomphe. Les troupes furent couvertes de fleurs et le petit speech très humorlstlquede Wrangelfutacclamépar la population : « Je vous conduirai bientôt les troupes, non contre vous, Berlinois, mais pour votre protection, pour la vraie liberté, pour le rétablissement de la loi. Cela vous va-t-il, Berlinois (Cris : oui, oui)... Comme je retrouve Berlin triste ; l'herbe pousse dans les rues, les maisons sont désertes, les magasins vides, les laborieux citovens sans travail, les ouvriers appauvris. Je vous apporte le i)ien-ètre avec l'ordre, l'anarchie doit cesser. Je vous le promets, et un Wrangel n'a jamais manqué à sa parole \ »

Pfuel n'avait pas cette crànerie. La déelaratico ministérielle du 22 septembre promettait « de défendre vlsfoureusement les libertés accordées

au peuple prussien, de repousser les efforts réactionnaires sans oublier que c'est le devoir de tout gouvernement de prévoir l'explosion de l'anarchie y) . Mais ces déclarations embarrassées démontraient par elles seules qu'il n'y avait pas d'inmédiaires entre la réaction désirée par le parti de la cour et les réformes hardies demandées par l'assemblée. La circulaire adressée auxgénéraux, le 23septembre, étaitpleine d'excellentesintentions,

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