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Correspondance de l'Indépendance behje du 26 septembre

3o8 LA PRUSSE ET LA RÉVOLUTION DE l848

vaient intervenir pour dompter l'émeute. Et le choléra qui frappait les grandes villes, complétait la terreur régnante'. Selon l'exclamation d'un ministre : « Une telle situation ne pouvait durer^. »

Cependant l'assemblée constituante siégeait presque tous les jours, et quelques délibérations, pratiques et élevées, comme les débats sur la peine de mort, faisaient regretter les discussions stériles et violentes où elle compromettait sa dignité et perdait son autorité.

Le 12 octobre, elle abordait les débats de la constitution.

Les comités de la Chambre avaient, au mois de juin, élu unecommissionde vingt membres, « pour examiner le projet du gouvernement, étudier toutes les propositions et pétitions relatives à la constitution et rédiger le projet définitif ». La commission fut présidée par Waldeck, député de Berlin, d'opinions avancées, plein de savoir, plus théoricien qu'homme de pratique, se laissant entraîner par les bruits du jour, très honnête, mais faible dans la résistance. Sous sa direction, la commission fournit un travail considérable et rapide et déposa son projet le 26 juillet^ .

I. Le 3 octobre, l'épidémie avait déjà fait i o65 victimes à Berlin.

3. M. Kiihlwetter, ministre de l'intérieur, à l'Assemblée constituante le 22 août.

3. Sur la composition et les travaux de la commission, voy. Rônne, loc. cit., I, p. 3().

VKUS LA RKACTION aOC)

Le projet du gouvernement iivait été transformé. ^Valdeck et ses collègues voulaient une reconstruction complète de TEtat prussien, depuis la commune et l'arrondissement jusqu'à la province et au gouvernement ; ils tenaient à assurer et garantir les libertés politiques et les droits des citoyens et des villes ; ils avaient donc cherché à faire une œuvre d'ensemble, allant des principes du droit public à l'organisation administrative' et ils avaient rédigé une constitution très complète, monumentale, mais dont la discussion devrait prendre des mois.

Cette procédure parlementaire eût été excellente en temps calme, mais la situation politique était tendue à l'excès; il fallait aboutir au plus vite, pour calmer les clubs et le peuple de Berlin et pour entraver les efforts du parti réactionnaire dans le pays entier. Cette longue traînerie du travail constitutionnel était habilement exploitée par la camarilla comme une preuve d'impuissance des libéraux. La Chambre ne s'en apercevait pas; elle retardait encore les débats en ordonnant l'examen du projet par les bureaux, par le comité central. Le travail, passé h un quadruple crible, ne lui arrivait définitivement qu'au commencement d'octobre.

Dès les premiers débats sur la constitution,

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