Séance du 3i octobre
4- 11 comportait la plupart des députés de l'extrême gauche au Parlement de Francfort.
VERS LA RKACTION
à Berlin avait surexcité encore la population ; l'assemblée fut envahie ; on empêcha les députés de sortir avant la fin de la séance de nuit, et lorsqu'enfin ils quittèrent le théâtre roval où ils siégeaient, ils furent outragés et menacés ; des membres de la droite, brutalisés : le général de Pfuel ne dut son salut qu à l'intervention énergique d'un député de la gauche, Georges Jung. Le soir même, un ordre royal invitait le ministère h faire intervenir les troupes. Pfuel donnait sa démission le i^"" novembre'. Vienne était prise de la veille. En Prusse, comme en Autriche, le parti réactionnaire allait vaincre.
Pendant tout le mois d'octobre, la Camarilla avait énergiquement agi sur l'esprit du roi ; il avait d'ailleurs perdu toute confiance en luimême" ; il était ulcéré des votes de l'Assemblée ; le i5 octobre, il accueillit le bureau par une apostrophe virulente : « Vous ne laissez aucun droit intact...; vous avez porté atteinte à mon droit à la couronne que je tiens de Dieu ; vous voulez m'enlevermon droit divin ^ ». Il se laissait entraîner par le petit groupe de la Cama-
I. Le ministre de lintérieur, von Eichinann. donna ordre aux troupes d'intervenir pour ])rol('"ger l'Assemblée, toutes les fois qu'un trouble se produirait.
3. Uanke, Alhjemeine deatsrhe Biographie, v" Frieclricli- Wilhelm I\ , p. 773.
3. Onckcn, Das Zcilalter des Kaixers Friedrirlt-Wilhebn, I, p. 379. — .'lus dem Lebendes Gênerais von Brandt, Kl, p. 368.
3l4 LA PRUSSE ET LA RÉVOLUTION DE 1848
rilla\ et le 21 octobre, il appelait de Breslau le général comte Brandenburg.
Brandenburg, fils de Frédéric-Guillaume II et de la comtesse de Stolberg, était l'oncle du roi Frédéric-Guillaume IV. Jusqu'alors il avait suivi une carrière uniquement militaire ; il s'était signalé récemment par la façon dont il avait réprimé les émeutes de Breslau. Sans être un fanatique de la réaction ^ il apportait dans l'administration une vigueur sérieuse ; il avait une vue juste, beaucoup de décision et de précision, peu de préjugés, une grande volonté. Le général de Gerlach fut le premier, semble-t-il, à l'indiquer au roi comme l'homme de la situation. La lutte n'était pas pour lui déplaire, mais il ne s'entendait guère à la politique et n'avait pas pratiqué les assemblées parlementaires. Il voulait bien être « l'éléphant » qui enfonce et écrase, mais il lui fallait un « cornac » ; il en parla avec Bismarck, tous deux convinrent que M. de ManteufFel, directeur au ministère de l'intérieur, possédait « toutes les conditions requises » pour faire un excellent cornac'.
1. Voyez dans L. von Gerlach, Denku'urdifjkeiten, I, p. 211 et suiv., Bismarck, Mémoires, J, p. 63 et suiv., les actes et démarclies du groupe.