Beust, MéiiKiircs, t. I, p. 5i
•2. Mariteuflel, Denkwûrdicjlieiten, t. 1, p. 81 et 8/j.
un Etat fédératif ». En terminant il fit appel « avec confiance » au concours des députés (( pour la protection des libertés constitutionnelles et de l'ordre légal* ». Le tout sans grand éclat, sans provocations comme sans promesses.
Un menu incident fut commenté comme un présage digne des augures antiques. Un officier des gardes du corps fit, d'un mouvement maladroit, sauter son sabre du fourreau ; l'arme rebondit et s'étala sur les marches du trône, aux pieds du roi, comme pour prédire h Frédéric- Guillaume que <( l'épée seule pourrait sauver le trône' ».
Les débats commencèrent dès le lendemain; ils révélèrent presque immédiatement un grave défaut dans la composition de la seconde Chambre. Il n'y avait pas de majorité, pas d'idées dominantes, pas de conducteur parlementaire. Le plus grand nombre des députés désiraient un ministère conservateur et modéré et tenaient Brandenburg pour un « révolutionnaire de réaction » ; mais ils s'éniiettaient en petits groupes et votaient au hasard ; les décisions se prenaient à la majorité d'une ou deux voix, et rien à l'avance ne permettait de prédire l'issue d'une discussion, car chaque député ignorait sa propre
1. Discours reproduit in extenso dans Lesur et Fouquier, loc. cit., p. 1^9 et suiv.