‹ La Prusse et la Révolution de 1848Chapitre 145 sur 174 · I. Manteuffel, Di'iikwiirdiijkeUen, p. gg à loi · texte numérisé non relu

I. Manteuffel, Di'iikwiirdiijkeUen, p. gg à loi

45 voix le contredit et déclara iIléo;al l'état de siège. C'était un échec direct pour le cabinet. Peu de jours auparavant, il en avait éprouvé un autre.

La question de l'unité allemande était alors poignante, elle était l'objet de toutes les inquiétudes, de toutes les passions du pays entier ; elle devait être portée et posée devant les députés de la Prusse.

Un ancien ministre de i8li8, Rodbertus, demandait la reconnaissance de la constitution votée à Francfort, et sa proposition trouvait un avocat chaleureux dans le baron de Vincke : « Il ne faut pas, exposait-il, exiger des hommes de Francfort, qui ont rendu de grands services à Tordre et ii la Prusse, de détruire leur propre ouvrage et de le dépouiller de son caractère populaire. » M. de Bismarck déchiquetait d'une dent cruelle l'œuvre de Francfort '. « Cette constitution nous apporte, entre autres cadeaux, la souveraineté du peuple dans le veto suspensif de l'empereur ; si les représentants du peuple prenaient trois fois la même décision, l'empereur aurait cessé de régner, La constitution introduit en outre le suffrage universel dont la gauche seule profiterait, et réserve le droit absolu de voter le budget aux représentants du peuple, qui

I. Blsmarcl;, député, p. 99 à iio; Keudell, Bismarck et sa famille, p. 23-25.

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auraient ainsi le droit d'arrêter la machine gouvernementale... L'unité allemande! avec une telle constitution, pour moi, je ne la veux pas... Plutôt que de voir abaisser mon roi à ce point qu'il devienne vassal des coreligionnaires politiques de MM. Simon et Schaffrath*, mieux vaut que la Prusse reste la Prusse; elle sera toujours en état de donner des lois à l'Allemagne au lieu d'en recevoir. » Ces paroles doivent être méditées pour comprendre l'œuvre politique de 1866 et 1871.

M. de Manteuffel n'allait pas si loin, mais tout en protestant de son désir d'adhérer à l'unité allemande, il déclarait que « le moment n'était pas encore venu de faire une telle opération » et refusait de profiter « de la faiblesse et de la maladie de l'Autriche pour violer ses droits ». La Chambre ne pouvait pas le suivre et votait à une majorité de 26 voix l'ordre du jour de méfiance proposé par Rodbertus (21 avril).

En quelques jours, sur deux questions d'Etat, la représentation du pays heurtait les volontés du roi et de ses ministres. C'était, en vérité, trop d'audace.

Le 27 avril, les ministres exposaient dans un rapport au roi les déceptions que leur causait la seconde Chambre: ses décisi(His prises à des ma-

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