‹ La Prusse et la Révolution de 1848Chapitre 153 sur 174 · I. Malmesbur\, Memoirs of an ex-minister, t. 1, p · texte numérisé non relu

I. Malmesbur\, Memoirs of an ex-minister, t. 1, p

264 LA PRUSSE ET LA RÉVOLUTION DE l848

affaiblie par ropposition des dynasties soumises, par la force de tant d'antipathies, des catholiques, des Allemands du Sud, par la malveillance des puissances étrangères, par sa propre origine. y>

Bunsen vient à l'aide ' ; le 6 décembre, il écrit à son royal ami une lettre pressante pour qu'il n'écarte pas les propositions de Francfort : « Le Parlement dans la personne de son noble chef (Gagern) vient vous offrir la couronne impériale, et les princes ne resteront pas en retard. » Frpdéric-Guillaume lui répond qu'il ne veut pas dq « cette couronne... fabriquée par une assemblée issue d'un germe révolutionnaire, semblable à la couronne de pavés de Louis-Philippe. La seule acceptable, c'est la couronne qui porte l'empreinte de Dieu..., la couronne qui a fait rois des Allemands, par la grâce de Dieu et avec le saint chrême, plus de 34 princes, et qui associe toujours .le dernier oint^lu Seigneur à l'antique lignée qui le précède )j/ Bunsen, effrayé de ces dispositions, accourt à Berlin; il supplie le roi en invoquant « les gémissements, les lamentations, les cris de désespoir » du peuple allemand. Frédéric-Guillaume hésite, il se laisse entraîner par son persuasif ami ; Bunsen retourne

I. Sa correspondance est 1res intéressante sur cette période. Chr. A'on Bunsen, A\\?.sc'u\en Bricfrn imcf r.ach eicjener Erinnerung fjesclndderl, t. IL la fin, et t. III, au commencement. Voyez aussi Saint René Taillandier. Dix ans de riiistoirc d'Allemayiw.

l'idée allemande au commencement de iS/JQ 265

ravi ;i F^ondres ; et peu de jours après, le roi retombe sous rinlluence de la catiiarilla et revient à ses scrupules.

A Francfort, Gap^ern et ses amis étaient profondément abattus'; ils avaient rapporté de Berlin une mauvaise impression, qu'ils dissimulaient à leur entourage pour que leur découragement ne se propageât pas à l'Assemblée. Ils comprenaient qu'une élection impériale à une très forte majorité pourrait seule forcer les hésitations de Frédéric-Guillaume IV. Ils s'y occupent tous activement. Gagern venait de prendre la direction du ministère d'empire que M. de Schmerling avait dû abandonner, car l'attitude de l'Autriche excluait un Autrichien de ce poste. M. Simson, professeur, magistrat et député de Kœnigsberg, esprit modéré et sûr, remplaçait Gagern à la présidence du Parlement. Us s'efforcent de constituer un grand parti allemand. Par malheur, la majorité se morcelle; au lieu des deux partis en présence, se forment trois minorités : l'extrême gauche, plus ou moins républicaine, avec 120 ou iSovoix; la droite austro-bavaroise (on l'appelle parti de Metternichl de même importance ; enfin le parti d'empire, avec 200 à 280 voix. Les deux premiers groupes ne pouvaient avoir qu'un programme négatif, empêcher la for-

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