I. Bledermann, Cesclùchle Deutschlan(h, loc. cit., p
mation de l'empire sous la direction de la Prusse, ainsi que le recherchait le troisième parti.
Dès son entrée au ministère, Gaofern avait exposé son programme constitutionnel : formation d'un Etat fédératif sans l'Autriche, mais lié avec elle par une étroite alliance. Après trois jours de débats où prirent part tous les grands orateurs, Gagern, Schmerling, Beckerath, le Parlement approuva le i3 janvier la proposition du ministère (261 voix contre 2^1 )• De suite commença la discussion sur l'organisation du pouvoir central ; les débals furent plus vifs encore ; le parti démocratique, conduit par Vogt, meilleur naturaliste qu'homme d'Etat, et Uhland, plus poète et patriote que politicien, prôna la création d'un gouvernement républicain. Mais une majorité se retrouva pour décider que « la dignité de chef de l'empire serait conférée à un des princes régnants en Allemagne... avec le titre d'empereur des Allemands ». L'hérédité fut seule repoussée.
Dans les votes, la majorité, toujours faible, était tombée parfois à 9 voix. Ce n'était point là un chiffre capable de forcer les hésitations de Frédéric-Guillaume IV. Le refus de l'hérédité lui serait aussi sensible. Gaçrern et ses amis le comprenaient ; ils n'osaient reprendre en seconde lecture les débats de la constitution ; ils espéraient quelquesecoursimprévu ; il leur vintde l'Autriche.
l'idée allemande au commencement de i8/i9 267
Avec une meilleure fortune, le ton de Schwarzenberg s'était haussé ; sa prétention de faire entrer, dans la Confédération, les peuples de toutes races, Slaves, Hongrois et Italiens, choquait même les partisans de l'Allemagne intacte, les (jross Deiitsch. L'un d'eux, Welcker, dépose à grand bruit une proposition en faveur d'un empire sous la direction de la Prusse ; quelques autres s'y rallient. Mais Schwarzenberg redouble d'activité et la proposition Welcker est repoussée, le 21 mars, par 283 voix contre 262. L'émoi est vif. Gagern, désespéré de réussir, donne sa démission ; on le supplie de rester à titrç provisoire ; l'assemblée se ressaisit; elle délibère h nouveau sur la constitution ; une fièvre règne à Francfort, qui s'étend à l'Allemagne entière.
Les députés passent enfin aux votes définitifs ; le 27 mars, le Parlement attribue le pouvoir à un empereur héréditaire. Sur l'hérédité, la majorité n'est que de 8 voix, l^e lendemain, Frédéric- Guillaume IV, roi de Prusse, est élu empereur d'Allemagne ; son nom avait réuni 290 suffrages, 2ii8 députés s'étaient abstenus. En annonçant ce vote avec la solennité nécessaire, le président Simson ajoutait : « Puisse le prince allemand qui tant de fois a exprimé en d'immortelles paroles son chaleureux dévoûment à la cause allemande, puisse ce noble prince devenir le soutien de l'unité, de la liberté et de la gran-
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deiir de notre patrie! » Au Parlement et dans la ville, l'enthousiasme fit croire que tout était gagné. « Le bonheur a tourné et le soleil a reparu », s'écriait Rumelin.Les cloches sonnaient, les canons partaient.
De ces débats un peu confus, sortait une constitution fort acceptable' : l'empereur, dont le titre est héréditaire, représente à l'extérieur l'empire et les Etats qui le composent; il a le droit de paix et de guerre, de traité et d'alliance ; il dispose de la force armée, surveille les affaires commerciales et économiques. 11 gouverne, comme tout monarque constitutionnel, à Taide de ministres et sous le contrôle du Parlement. La Chambre des Etats se compose de membres nommés par les gouvernements et les assemblées des divers pays unis ; la Chambre du peuple est élue au suffrage universel. De leur accord sortent les lois d'empire. L'empereur n'a qu'un veto deux fois suspensif, une troisième résolution du Parlement fait loi.
Dans ses grandes lignes, sauf la création du chancelier d empire et la composition du conseil fédéral, c'est la constitution actuelle que, vingtdeux ans plus tôt, le Parlement de Francfort offrait au roi de Prusse.
I. Kliipfel, Geschichle iler deutsclien Einlieilsbcslrebungen, t. I, p. 98.