Biedermann, loc. cit., p
3. Les contemporains ne l'ont pas compris ; malgré les préambules de quelques ordonnances et des notes publiées par VAllyerneine Zeilung, ils ne se sont pas aperçus des plans de leur monarque ; Ranke, le premier, dans YAlkjemeine dcutsche Biographie, \" Fricdrich-Wilhelni IV, a établi la continuité des projets du roi.
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avec plus de ténacité (jn'on n'eut pu s'v attendre de son esprit hésitant. Mais il ne voulait pas une représentation proportionnelle au chiflre de la population, une constitution parlementaire sur le modèle de l'Angleterre. Il tenait aux vieilles institutions allemandes et entendait les adapter aux besoins modernes'.
Dans \c décret de convocation des Etats provinciaux pour i8^|i, perçaient déjà ces idées; mais elles étaient encore confuses, et, comme on avait trop attendu de son avènement, la déception générale ne permit pas d'apercevoir les réformes sérieuses qu'il apportait: la convocation des Landtags tous les deux ans, la publicité des procès-verbaux, l'extension du droit de pétition. Au mois d'octobre i84i, les délégations des Etats provinciaux se réunissaient pour la première fois h Berlin, et la sagesse de leurs délibérations exerçait une influence heureuse sur les idées de réformes du roi.
Une nécessité financière mit Frédéric-Guillaume IV en demeure de se décider. C'était l'époque où, dans toute l'Europe occidentale, se construisaient les premières lignes de chemins de fer, et il était nécessaire de contracter un emprunt considérable pour leur établissement en Prusse. Or, l'ordonnance du 17 janvier 1820
I. Seignobos, Histoire politique de l'Europe contemporaine, p. 4i6, 4i8.
interdisait au gouvernement de le faire sans « l'assistance et la g'arantie des Etats du royaume ». Au mois de mars i843 se réunirent les ?"tats provinciaux ; le roi aurait pu leur demander de ratifier chacun, individuellement, un emprunt pour tout le royaume ; mais il sentit qu'il ne l'obtiendrait pas. Il était donc dans l'alternative de révoquer l'ordonnance de 1820, ou de s'y conformer par une mesure décisive. S'il prenait la première voie, il se heurtait à l'opinion unanime et risquait un mécontentement dangereux; s'il suivait la seconde, comment appliquer l'ordonnance* ?
Frédéric-Guillaume IV aurait peut-être pris une décision plus prompte s'il n'avait rencontré une sourde opposition dans les deux vieilles monarchies, et surtout à la cour de Vienne. Voir triompher ii Berlin des idées libérales, c'était pour M. de Metternich le plus grave échec et le plus sérieux danger ; les bourgeois de Vienne réclameraient à coup sûr des réformes analogues, ceux de Pesth et de Praoue suivraient le mouvement, et ce serait fini de l'équilibre de la monarchie autrichienne. Dans le courant de l'année i845, Frédéric-Guillaume IV rencontrait Metternich à Stolzenfels et s'efforçait de le rassurer : « Je ne connais pas, lui disait-il, de véri-