‹ La Prusse et la Révolution de 1848Chapitre 23 sur 174 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

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La patente de février et l'opinion publique. — LouAcrlure du Landtag uni. — Discussion et vote de l'adresse.

La publication de la patente et des ordonnances fut un véritable coup de théâtre. A plusieurs reprises, le roi avait repoussé les vœux des Landtags provinciaux réclamant une représentation centrale et rien n'avait p<;rcé dans le public des délibérations de la commission '. Quelques notes mystérieuses dans VAUgemeine Zeitung avaient passé inaperçues. Les confidences du roi n'avaient pas dépassé un cercle très restreint.

L'impression première fut assez diverse. Le gouvernement tenta de réchauller l'opinion publique par un article dans VAJIgenieine Zeitung qui était un éloge sans nuage de la réforme. « Cette organisation a une base historique prenant ses racines dans le sol germanique, la base de la division par provinces et par classes telle

I. K. Biedermann, Mein Lcben uiid ein Sliick ZeiUjeschichtc, I. p. i8oet Geschichte Deulsclilaiifls, 2^ partie, 1. 1, p. 173, 182.

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qu'elle s'est formée suivant les chano^ements du temps'. »

Les journaux et surtout les brochures des publicistes s'emparèrent de la patentç de février et les divers partis se classèrent nettement d'après leurs opinions.

Les avancés, ceux que déjà l'on appelait radicaux, avec Jacoby et Henri Simon attaquèrent hardiment les institutions nouvelles. Ils avaient beau jeu. Depuis plusieurs années, ils mettaient l'opinion en garde contre les demi-mesures" et la publication de la patente montrait l'exactitude de leurs prophéties. Leur opinion se résuma dans une brochure retentissante de Henri Simon « Accepter ou refuser^ », qui empruntait à la personnalité de son auteur une autorité spéciale : maoistrat démissionnaire à la suite de la loi de i844 oii il voyait la perte de l'indépendance des tribunaux, Henri Simon s'était fait une situation dans le monde judiciaire par ses ouvrages de

1. All()eineiiie Zeiluwj, du 4 février. « Les personnes bien informées savaient qu'il ne fallait pas s'attendre à une représentation du peuple, mécaniquement calculée d'après le chiflrc de la population, ni à une division des pouvoirs entre le roi et le peuple, mais seulement à un développement de la véritable constitution des Etats, née sur le sol, de l'histoire de l'Allemagne. »

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