A lis den Schôn s Papieren, loc. cil., p. 297, 3oo
2. Wiederlerjuna derH. Siinon'schen Schrift : Annehmen oder Ablehnen ? oder die preassische Verfassung vom 3 Februar 1847, bel uchtt't vom Standpunchte des bestehenden Rechts, durch einen andcrn preussischen Jurlsten. — Biedermann, Die Aufgnbe des ersten vereiniglen Landtags in Preussen.
3. Ranke, p. 706 et suiv., donne d'intéressants extraits des rapports adressés au roi par les présidents supérieurs sur l'opinion publique en province.
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de Prusse, les avis se partageaient ; dans certaines villes, à Elbing, à Thorn, régnait un véritable enthousiasme; à Konigsberg, la déception était profonde ; la diète d'arrondissement invitait les députés ii s'abstenir de répondre à la convocation royale. En Silésie, un parti radical assez fort se ralliait à la brochure de II. Simon et ses députés, réunis à Breslau, exprimaient leur niéconteateniont ; pourtant l'opinion opposée l'emportait, et sauf des critiques de détail, on se réjouissait des réformes. A Posen, les Prussiens étaient dans la joie, les Polonais dans l'inquiétude. En ^Yestphalie et en Poméranie, on regrettait la création de la chambre des seigneurs en qui Ion redoutait une opposition rétrograde ; on se plaignait que les Diètes provinciales n'eussent pas été consultées et que le Landtag uni ne fût pas périodique. Dans la province du Rhin, les partis extrêmes s'indignaient : les catholiques, particularlstes, redoutaient l'ingérence du Landtag uni dans l'administration de la province ; les libéraux avancés réclamaient une- constitution parlementaire, à l'anglaise ; pourtant les partisans de la patente étaient en majorité à la réunion des députés à Cologne, le i4 nuirs.
En résumé, l'opinion publique était confuse et peu enthousiaste ; on adhérait aux réformes, mais avec le désir unanime de les voir accroître ; on demeurait sur l'expectative.
Ce sentiment de défiance n'échappa guère au gouvei'nement, car après avoir convoqué le Landtag uni pour le ii avril \ il publia une série de dispositions assez libérales. Une patente du 3o mars assura la liberté de conscience et le droit pour les citoyens prussiens de quitter les églises établies sans perdre leurs droits civils ; deux autres ordonnances garantirent la publicité des procédures civiles et criminelles ; une autre organisa des chambres et des tribunaux de commerce. Cependant, pour mater la presse, le gouvernement remettait en vigueur une disposition fédérale de 1882 et exerçait des poursuites judiciaires contre Henri Simon.
Le II avril, enfin, avec une pompe antique et solennelle, Frédéric-Guillaume IV ouvrit le Landtag uni au château royal, à Berlin -. On pou-
1. Ordonnance du 8 février : « Comme il y a quelques affaires importantes sur lesquelles il convient de consulter les diètes, nous éprouvons le besoin de former une réunion centrale et régulière des Etats, afin de les consulter sur ces affaires importantes et sur les époques auxquelles nous voulons réunir à l'avenir les fidèles Etats de notre monarchie. « Par cette dernière phrase, le gouvernement laissait deviner une périodicité possible.
2. Le 10 avril avait paru le règlement du Landtag uni : chaque curie était présidée par un maréchal de la Cour et l'assemblée plénière par le maréchal de la curie des seigneurs ; la couronne était représentée aux débats par un commissaire royal qui fut M. de Bodeischwingh. Les débats étaient sténographiés et reproduits in extenso dans la Gazette universelle de Prusse ; aucune censure n'en pouvait être faite.
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vait s';ittendre ii iiiie émotion joyeuse de I;i population ; il n'en fut rien : peu de monde dans les rues, à peine foule aux alentours du château, et dans les lieux de réunion on s'occupait peu de révénement politique du jour'. Le roi entouré d'un important cortège se rendit dans la salle blanche el v prononça le discours d'ouverture. Les députés attendaient ce document avec impatience, car, dans le vasfue et l'arbitraire de la patente, tout dépendait de la parole du roi.
Le discours fut extraurdinairement long, d'une forme oratoire brillante et originale, mais le fond
était précis. Après avoir rappelé les diverses mesures du précédent règne, il déclara nettement que l'œuvre constitutionnelle de son père était dorénavant achevée, et avertit les Etats « de ne pas mettre ce travail en question par désir de changement ». Il les mit en demeure d'écarter « toute pensée de représenter », mais de se borner à surveiller, suivant l'ancien usage allemand, leurs propres droits. « Héritier d'une couronne, que j'ai reçue intacte et que je dois et veux laisser intacte à mes successeurs, jamais je ne transformerai le rapport naturel entre le prince et le peuple en un pacte constitutionnel, jamais je n'admettrai ([u'une feuille écrite vienne s'interposer, comme une seconde Providence,
I. K. Biedermann, Mein Leben and ein Stiick Zeitijeschichte, t. I, p. 191.
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entre notre Dieu et ce pays, pour nous gouverner avec ses paragraphes et pour remplacer par eux la sainte et antique fidélité. » Il glissa une allusion aux attaques de la presse « en faisant appel à son peuple de toutes les indignités dont il avait été atteint ». Et invitant ses fidèles Etats à la lutte contre l'impiété et le mauvais esprit du temps, il s'écria dans un beau mouvement d'éloquence : « Moi et ma maison nous servirons l'Eternel. Oui! en vérité. » Pour l'avenir, il avisa les Etats qu'il les réunirait pour la création de nouveaux impôts et d'emprunts et « toutes les fois que je le trouverai nécessaire ; je le ferai volontiers et souvent si ce Landtag me prouve que je le peux sans nuire à mes devoirs impérieux de souverain ».
A travers les variations oratoires, le thème était unique et très net : la patente de février est une constitution définitive et intangible, il / n'y faut espérer aucune modification. Le monarque se manifestait bien tel qu'on le voyait depuis i84o, tantôt voulant une chose, tantôt s'y refusant, accordant d'une main et retenant de l'autre'. Le sentiment général fut une amère désillusion" ; parmi les députés des provinces de Prusse ou du Rhin, qui formaient le centre libéral, la déception
1. Biedermaiiii, GeschicJiLr, lor. fit., p. i8G. 9. Treitschke, V, p. Gao ; Denis, L'Allemagne, i8io-i853, j). 283.
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fut telle que plusieurs parlaient de s'en aller et leurs collègues ne les décidèrent à rester qu'en s'engageant à réclamer avec eux l'accroissement des droits du Landtag.
La séance du lendemain était le véritable début de la vie parlementaire'. Les deux curies, réunies eu assemblée plénière, reçurent une nouvelle allocution de leur président, le prince de Solms-Lich, et immédiatement le comte de Sclnverin déposa une proposition qui allait permettre de classer les diverses partis du Landtag. Député de l'ordre équestre de Poméranie, Schwerin était un homme d'une grande élévation dépensée, indépendant, pieux, moins un lutteur politique qu'un caractère très noble et très pur ; il avait déjà manifesté au synode général des idées libérales et modérées qui lui donnaient dans le Landtag une réelle influence. Il proposait de voter une adresse « qui contiendrait des actions de grâces pour la convocation de la Diète, mais exprimerait respectueusement au point de vue du droit et des garanties assurées au peuple et aux créanciers de l'État par la loi du 17 janvier 1820,
I. Les débats du Laiidlag ont paru in extenso dans la Gazelle universelle de Prusse; R. Haym, lieden iind Reduer des crslcn lireussisdien verrinirilen Lnndlafjes, donne avec des détails sur les orateurs, jjrcstjue tous les discours prononcés au Landtag. Enfin, le Journal des Débats de iS^" a [tublic des comptes rendus soi"ncuscnient redises.
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les craintes que certaines dispositions des ordonnances duo février nous inspirent malgré nous m. La proposition fut renvoyée à une commission qui délibéra les jours suivants et prépara un projet d'adresse qu'elle chargea son rapporteur, M. Beckerath, de présenter au Landtag. Fils d'un tisserand de Krefeld, arrivé h force de travail à vine haute situation dans les affaires de banque, Beckerath offrait un singulier mélange de prose et de poésie ; homme de finances, il était poète, avec une égale sincérité. Caractère très compréhensif, il devait avoir une grande influence sur le parti libéral. Son projet d'adresse contenait de sérieuses réserves sur l'insuffisance des nouvelles institutions. Sous une forme respectueuse et même reconnaissante, il rappelait que l'ordonnance du 17 janvier 1820 garantissait la périodicité annuelle aux Etats du royaume ; il protestait contre l'absence de contrôle du Jjandtag sur les questions financières, contre la création du comité permanent et la députation de la dette ; il affirmait le droit des Etats d'être consultés sur toute modification aux droits des personnes et des propriétés. « Obéissant à l'appel de Votre Majesté, ajoutait-il, et sur le point de commencer nos travaux, nous nous croyons consciencieusement obligés de déposer cette respectueuse déclaration au pied du trône, afin de sauvegarder les droits des Etats. »