Biedermann, Geschichte, loc. cit., p
LE LA.NDTAG LM DE 18^7 6.'i
Même d;ins cette forme atténuée, l'adresse déplut fortement à Frédéric-Guillaume IV et il y fit réponse en termes aigres et catégoriques ' : « En promulgant les lettres patentes et les ordonnances du 3 février, nous avons non seulement rempli de la manière qui nous a paru la meilleure, et en conscience, les promesses faites par S. M. mon père, d'une constitution représentative ; mais nous avons donné à nos fidèles Etats des droits essentiels allant au delà de ces promesses. Aussi ne saurions-nous reconnaître à la Diète réunie d'autres droits que ceux qui lui ont été attribués par nos ordonnances ou qui pourront dorénavant lui être accordés constitutionnellement par nous... Les lois du 3 février sont intangibles dans leurs dispositions fondamentales. » Pour adoucir la précision un peu sèche de ces déclarations, Frédéric-Guillaume IV promettait de réunir à nouveau le Landtag dans un délai de quatre ans.
Le projet d'adresse avait permis à la plupart des orateurs de prendre situation au Landtag et aux divers partis politiques de se classer et de s'aflSrmer. D'un côté, les gouvernementaux, heureux de l'effort manifesté par le monarque pour donner h la Prusse des institutions représentatives et décidés a s'en contenter. De l'autre
I. Déclaration royale du 32 avril, lue à la séance des curies réunies le aS.
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côté, les libéraux convaincus des provinces de Prusse et du Rhin, mécontents de la demi-mesure du 3 février et revendiquant les droits acquis au peuple par les lois antérieures. Entre les deux, le grand parti des indécis, libéraux, désireux de remercier le roi, croyant aux droits des lois antérieures, mais craintifs de les compromettre par des revendications trop acharnées, soucieux avant tout de ne pas mécontenter le monarque par peur de le pousser à la réaction. Ils voteront en général avec les libéraux du Rhin, mais s'en détacheront à la dernière heure comme ils viennent de le faire en abandonnant le projet d'adresse et les réclamations de Reckerath. Enfin, à l'extrême droite, un petit parti de hobereaux iJunker), nobles entichés des privilèges de la couronne, plus royalistes que le roi, et mettant tout leur espoir dans le prince de Prusse.