Biedermann, Gcsctdrhle, lor. cit., p. iy
go LA PRUSSE ET LA RÉVOLUTION DE l848
le chemin de fer de Prusse vint mettre le comble à la colère du monarque ; il donna ordre de suspendre immédiatement les travaux, « pour jeter un seau d'eau froide au Landtag et à la Prusse ; » et il écrivait à son ministre Thile en donnant cet ordre : « Il sera bon de placer devant les yeux des Prussiens ' la punition de leur vote insensé. Le rejet de l'emprunt ne me fait ni chaud ni froid, mais il devra faire chaud et froid aux Prussiens'. » Ses ministres ne le suivaient pas dans cette voie de colère, mais il y était poussé par le président du Conseil, le général Boyen^.
Metternich voyait avec un certain plaisir ses prédictions s'accomplir. « Le Roi de Prusse a été entraîné où il ne voulait pas aller, écrivait-il le 6 juin 1847 '^^ ^^^ ^^ Wurtemberg. Il ne voulait pas à'' Etats généraux, et il les a dans les Etats réunis ; il ne voulait pas la périodicité des réunions, et il l'a ; il ne voulait pas subordonner aux Etats toute la législation, et elle est entre leurs mains ; il ne voulait pas tout cela, parce qu'il lui était prouvé que les conditions essentielles de l'Etat prussien sont incompatibles avec de semblables errements. Il avait raison..., mais