I. F. RachfaKl, lor. cit., p
LES PREMIKHS TROUBLES Il5
hostile envers le gouvernement provisoire; maisv il fallait se méfier de la propagande révolutionnaire que la République française pourrait exercer sur les provinces rhénanes. Knfin on se réso-v lut à donner quelques g^'ges aux vreux d'unité allemande et, pour sonder la cour de Vienne, à y envoyer à nouveau le général de Radowitz.
Dès le lendemain, le général de Canitz, ministre des affaires étrangères, lui remettait les instructions du gouvernement * ; elles avaient un triple but : entente pour une action militaire en cas d'attaque par la France, prévision de mesures communes contre les insurrections en Allemasfne, modification organique et renouvellement du pacte fédéral. Ce dernier objet était l'essentiel de la mission diplomatique ; Radowitz devait prendre pour base de ses propositions son propre mémoire du 20 novembre 1847.
Depuis son premier voyage, les événements avaient marché et Radowitz trouva meilleur accueil à la cour de Vienne ; M. de Metternich comprenait qu'il « s'agissait d'une œuvre de salut commun, si toutefois on peut sauver encore quelque chose " ». Après divers pourparlers,
1. Radowitz a lui-même raconté ces négociations dans une brochure sous le titre : Deutschland and Friedrich- Wilhclin ; voy. Radowitz's Sàmlliche Werk-e, III, 380.
2. Journal de la princesse Mélanie, Mémoires de Metternich, VII, p. 535.
Il6 LA PRUSSE ET LA RÉVOLUTION DE l848
J une convention intervenait le lo mars, qui décidait la réunion à Dresde, le 26 mars, d'un congrès des princes pour délibérer sur les mesures militaires en cas de guerre et le rajeunissement du pacte fédéral. Le prince de Metternich envoyait à toutes les cours allemandes une circulaire les invitant à déléguer des plénipotentiaires h ce Congrès.
A la même époque, quelques petits princes du Sud s'associaient à la proposition des deux frères de Gagern, Henri, président du conseil des ministres à Darmstadt', Max, conseiller in- ^ time dans le duché de Nassau ; émus des éventualités du Parlement de Francfort, les Gagern demandaient aux souverains de prendre la direction du mouvement allemand et de désigner un monarque pour se mettre dans ce but à leur tète; ce monarque devait être Frédéric-Guillaume. Ayant gagné à cette cause les princes qu'ils servaient, ils se mettent en route pour Berlin, mais par un long chemin, en visitant les petites cours du Sud et du Centre de l'Allemagne, pour entretenir et convaincre les souverains '.
De ces deux propositions des grandes cours et des petits princes, aucune ne devait aboutir ;